I. Psychologie économique, 35;j
celle des besoins et celle des capitaux. Il remarque que la rotation monétaire chevauche à la fois sur les deux autres et en est cependant bien distincte. C’est la monnaie qui, dans les sociétés autres que la famille, permet de faire correspondre les travaux aux besoins ; grâce à elle seulement, les travailleurs trouvent à acquérir ce dont ils ont besoin. C’est le capital monétaire qui permet de réunir les deux éléments nécessaires et séparés de la production : le travail et les moyens de production, en passant de main en main pour revenir aux mains d’où elle est partie. Ce cycle monétaire s’opère en même temps que la rotation des travaux.
Enfin le cycle monétaire, comme les deux autres cycles, est régi par une tendance à l’agrandissement et à l’accélération de sa rotation. Et Tarde cite comme exemple l’incroyable rapidité avec laquelle est sortie de terre la dernière exposition universelle.
Ces cycles divers sont bien des réalités tangibles et évidentes. Ainsi quand le cycle monétaire se ralentit par force, faute de monnaie suffisante, on voit aussi se ralentir le cycle des travaux et celui des besoins : il y a crise économique. Si au contraire une découverte ou un trafic fécond jette sur le marché une grande quantité de monnaie, la rotation des travaux et des besoins se trouve du coup stimulée.
Au reste, tous phénomènes financiers et monétaires, toutes ces notions de travail, monnaie et capital, ainsi que tous les pliénomènes sociaux en général, procèdent
« de l’aclion intermentale grâce à laquelle 1 se répandent d abord et s’enracinent ensuil des ou en coutumes ».
4 Le Crédit. Et ce caraelère psycholo encore dans le dernier phénomène qu’il ] analyser ici : le crédit. C’est qu’en effet source du capital matériel, dès les âges les pl « est un acte de foi et de confiance, premi du crédit, qui est manifestement l’âme de la trice des sociétés civilisées ». Le fait éconon: tiel et initial, ce n’est pas seulement l’échan on le prétend ; car il ne favorise et ne dével
suite vient le prêt des bestiaux et finalement l’ère capitaliste avec ses prêts d’argent: toute industrie donc, tout commerce et tout crédit est un prêt et partant un acte de foi .
Et la monnaie elle-même, instrument de l’échangs, impliqua au début «une dépense considérable d’acte de foi », chez le sauvage qui pouvait craindre de ne pouvoir échanger plus tard l’article qu’il acceptait alors comme un moyen d’échange, tout aussi grande que chez le banquier actuel qui encaisse le billet qu’on vient lui présenter ; l’échange implique toujours une sorte de crédit. « Ainsi l’âme de toute industrie, comme de toute religion, comme de tout pouvoir et de tout droit, comme de tout art, c'est la foi. Elle suscite les passions et les besoins encore plus peut-être qu’ils ne la stimulent. »
Quant au capital-invention, on ne saurait en toute rigueur le prêter ou l’échanger ; car en le communiquant à autrui, on ne s’en dépossède pas : il y a là émanation, non aliénation. Et pourtant sa possession exclusive est un bien souvent très important. Au début des sociétés, dans les familles primitives, on garde jalousement ces secrets de fabrication, de remèdes, etc., pour les transmettre héréditairement, tandis qu’on acceptera volontiers de prêter tout ce qui touche au capital-matériel. Et si ces secrets finissent par se généraliser, ce n’est
^gie economique, p. 367-377