VII. — Critique de l’opposition économique
Critique. — Cette seconde partie de l’ouvrage de Tarde, si l’on excepte sa fameuse théorie de la valeur, est peut-être moins fournie, moins abondante que les autres. 11 y a même quelques longueurs et c’est là surtout, croyons-nous, que le cadre, que Tarde voulait suivre intégralement, a dû le gêner davantage. Nous y avons trouvé cependant des vues fort intéressantes, des analyses extrêmement tines et pénétrantes, notamment cette étude et ce parallèle des crises-chutes et des crises-guerres. Il y a là un chapitre des plus utiles pour le psychologue comme pour l’économiste, et qui montre la supériorité des études psychologiques de Tarde.
Au surplus dans tout cela, ce qui intéresse avant tout Gabriel Tarde, ce n’est pas tant le phénomène économique, que la genèse psychologique de ce phénomène, l’analyse des mobiles, désirs et jugements, qui en sont les causes ou les facteurs. Voilà ce qui, selon nous, fait aussi l’intérêt de son œuvre. Ce n’était pas un économiste et son dessein n’a pas été de faire un traité d’économie politique. Nous avons sur ce point plusieurs
traités merveilleusement faits et beaucoup plus complets, œuvre d’ailleurs de savants spécialisés dans ces questions. Mais cette œuvre de Tarde peut nous servir cependant, parce que dans ces études sur l’opposition économique et aussi bien sur la répétition et l’adaptation économiques, Tarde nous présente ces questions sous un jour nouveau et dans une forme originale.