I. Psychologie économique, p. i6a-i
natalité (i). Aussi Tarde voit-il dans tout cela plus que de sèches énumérations, de froides statistiques : « Prospérité, crise, dit-il ; (juc de joies variées, inouïes, que de désespoirs lancinants, contiennent ces simples mots, lus d’un œil si sec par un statisticien entre des colonnes de chiffres. »
A ces crises diverses, on peut toutefois apporter quelques remèdes et c’est précisément l'objet de l’adaptation économique d arriver à l’accord final, aux harmonies, terme de la lutte économi(|ue. Et l’on peut penser qu’au « fur et à mesure de l’agrandissement des marchés, les crises iront s’allénuanl par leur amplification même ». C est un peu l idée de Bernstein, disciple de K. Marx, mais très indé[)endant au moins sur ce point, puisque l’auteur du Capital soutient <pie les crises iront et deviendront de plus en plus aiguës.
Karl Marx estime en effet (pie l’antagonisme entre le capital et le travail s’avivra sans cesse, jusqu’à ce (jue la catastro[)he finale renverse complètement ce régime inique, qu’est le capitalisme. Les crises augmenteront toujours; parce que d’un côté la misère du prolétariat ne cessera de croître, le monstre capitaliste usurpant de plus en plus tous les gains réalisés par le travail . Voilà certes une thèse peu rassurante et (jui est la contre-partie absolue de celle de Tarde. Nous aimons à penser que les événements donneront raison à ce der-
I. Juglar. Des crises commerciales et de leur retour périodique, 1889.
nier auteur. Il est assez manifeste, d’ailleurs, que l’agrandissement des marchés, caractéristique du monde moderne, bien que n’allant pas sans entraîner des heurts assez pénibles parfois, soit une condition de progrès national et international.