I . Psychologie économique, p. a5o
à isoler de plus en plus l’individu. Car si la machine remplace de plus en plus la force musculaire, le travail nerveux et cérébral n’en reste pas moins intense et sera de plus en plus compliqué. Il restera dès lors deux grandes catégories de travaux ; 1® La direction des ma. chines et forces végétales ou animales ; a® la direction humaine des directeurs humains de la précédente catégorie. Aussi voit-on au contraire s'étendre l’adaptation réciproque des hommes entre eux par la division du travail, l’échange des produits et l’association sous mille formes, phénomènes qui ont précisément leur source dans l’invention économique. Ce n est donc pas l’assimilation des individus, mais au contraire leur différenciation que le progrès industriel tend à réaliser : « Les progrès de l'industrie et du régime économique exigent non seulement la complication des désirs de chaque consommateur, mais encore la différenciation des consommateurs ».
II est un reproche qui a été adressé aux inventions industrielles, reproclie dont Sismondi s’est fait l'écho très enthousiaste: «Le bénéfice, dit-il, qu’on attend de la découverte d’un procédé économique se rapporte presque toujours au commerce étranger. » En effet, le premier effet d’une invention nouvelle est d’obliger cette industrie à s'ouvrir, à s’étendre, afin d'écouler sa production et d’occuper les bras devenus inutiles par ce procédé plus expéditif. Ainsi les fabricants de bas en Angleterre ont vu leurs produits inonder le monde entier du jour
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où a été fabriqué le métier à bas. Certes, ce perfectionnement a tué forcément d’anciens producteurs plus ou moins éloignés et qui n’ont pu soutenir la concurrence au premier abord. Mais par suite de l’imitation de 1 é- Iranger, ces morts réapparaîtront et il y aura somme toute un bénéfice réalisé, un progrès social : l’accroissement de la consommation qui est dù à l’abaissement du prix et qui suit et stimule à la fois le développement de la production. Aussi toute invention est utile aux consommateurs et en général aux producteurs euxmèmes, parce que l’opposition du premier moment aboutit souvent à une adaptation finale. On pourrait citer à l’appui de cette vue les exemples donnés par Schultze-Gavernitz dans son livre sur la « grande industrie » .
Toute invention industrielle, à son apparition, est monopolisée, par l’inventeur ou ses ayants cause. Et cela est légitime ; car c’est là un des stimulants les plus actifs du génie inventif. Mais ce monopole ne doit pas s’éterniser et en fait, l’invention tombe heureusement assez vite dans le fond commun. Les inventions « doivent fatalement se socialiser d’elles-mèmes », au moins dans une société bien réglée.
lJu reste l’invention n’a pas seulement pour objet d’assurer à l’inventeur la prospérité et la gloire ; disons mieux : l’inventeur acquiert ces titres de la reconnais-