Tarde. Lois sociales, p. 28-3i
lui éclipse aussitôt tout le reste ; il a rencontrélà sa rime vivante, son résonnateur psyehique qui renforce sa pauvre petite personnalité, la précise et l’agrandit en la reflétant. C’est par ses rapports intermittents avec les deux ou trois personnes qui l’entourent, et aussi avec quelques animaux domestiques, bien plus que par ses rapports continuels avec les agents physiques, que l’esprit de l’enfant, peu à peu, s’épanouit ».
Et Tarde nous a esquissé à grands traits l’objet de
cette science 'qu’il appelle l’interpsychologie (i). En résumé, « au point de vue génétique, elle débute par Tétude du nouveau-né dès ses premières relations mentales avec les personnes de son entourage, et l’évolution de cette interpsychologie infantile à celle des adultes est du plus haut intérêt social. A un point de vue théo-
rique et plus général, il y a lieu d’envisager abstraitement, séparément, l’action des sensibilités sur les sensibilités, des volontés sur les volontés, des intelligences sur les intelligences » (2).
Or dans cette action intermentale. Tarde ne voit pas autre chose qu’un phénomène de suggestion à l’état de veille. Il était donc loin de méconnaître l’influence profonde de cet élément intime et caché de toute psychologie et que les philosophes ont appelé l’inconscient, puis-