‹ Gabriel Tarde et l'économie politique [microform], un essai d'introduction du point de vue psychologique dans le domaine économiqueChapitre 191 sur 233 · I. Psychologie économique, p · texte numérisé non relu

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cerveau, d’un homme d’initiative. C’est Robert Owen qui a conçu les coopératives de consommation en i844, comme Bûchez a imaginé en i834 les coopératives de production, comme de dévoués missionnaires ont prêché en Allemagne l’utilité du crédit populaire. De même Godin et Boucicaut ont été les fondateurs du familistère de Guise et du Bon Marché. Au reste l’àge présent sera caractérisé par la direction du génie inventif dans cette voie généreuse et féconde de l’association. Aussi Tarde augure bien de l’avenir, à moins que quelque brutalité révolutionnaire au service d’une utopie ne ralentisse passagèrement cette marche heureuse.

Les associations sont multiples, mais on peut toutefois les ramener à quatre branches principales : i° les sociétés de co-production, qui ont pour but de remédier aux désaccords et aux luttes internes de la production, comme les corporations ; 2® les associations de consommation, dont le but est de réduire les désaccords et les conflits internes de la consommation ; 3" les sociétés d’échange ou mieux d’adaptation de la production à la consommation ; 4° les sociétés de crédit qui veulent adapter plus parfaitement la monnaie à sa fonction d'échange, partant prévenir ou terminer les luttes de nature monétaire . C’est là le but des conventions internationales, comme l’Union latine, des banques de toutes sortes, bureaux de placement des capitaux, remédiant à l’excès ou à l’insuffisance de la monnaie en circulation.

Le crédit, servant à la reproduction active des riches-

ses, aurait pu rentrer dans la répétition économique. Il pouvait aussi rentrer dans l’opposition, car il y a crise, quand les laits démontrent la confiance dont il est l’objet. Mais en général les faits confirment cette con fiance, quand les dettes sont bien payées à l’échéance ; le crédit est alors la cause la plus puissante « de prospérité et d’harmonie économiques, d’adaptation des richesses épargnées à leur fin sociale ); .

Nous venons de voir les formes libres de l’association, mais il y a une forme officielle et obligatoire, qui progresse assurément de jour en jour. Or si Tarde soutient hautement la cause del association libre, source des initiatives individuelles et du progrès, il n’en admet pas moins que l’Etat doit intervenir là où l’association libre est impuissante. Et c’est un champ très vaste qu’il accorde à l’intervention de l’Etat, mais à condition que Ton rattache le problème économique au problème politique et que l’on ne sépare pas ce dernier du problème moral, lié intimement, lui aussi.au problème intellectuel, c’est-à-dir« scientifique et religieux. « Il faut que les hommes se soient de nouveau accordés, spontanément, dans une loi commune, sur certains points capitaux. Un accord de convictions fortes et logiques par la science, devenue incontestée à certains égards,et non un équilibre d’opinions faibles et tolérantes par le scepticisme ; un accord de passions fortes et concourantes à un idéal

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