I. La psychologie économique, 1. 1, p
Et d’ailleurs au fond de cette notion de la valeur, il est facile de voir qu’en définitive tout se ramène à des rayonnements imitatifs, à des répétitions, à des conflits et à des harmonies de croyances et de désirs. Aussi pour juger une société, « il faut bien se garder d’omettre, à côté des groupes de connaissances qui constituent sa foi religieuse, sa foi linguistique et sa foi scientifique, sans compter sa foi politique, sa foi Juridique et sa foi morale, celte grande constellation de célébrités, de crédits, de gloires, de popularités qui sont allumés par ses actes de foi ou de confiance personnelle en certains hommes à raison de leurs talents ou de leurs vertus supposés ».
Ainsi, ce qui donne de la valeur à un homme, c’est la gloire, la noblesse, le crédit. Or, la gloire est une sorte de quantité sociale aussi bien que le crédit et la fortune, susceptible de grandir ou de diminuer sans changer de nature. Et ici un gloriomètre serait des plus utiles ; au reste, s’il est diflicile d’imaginer pratiquement un pareil instrument, il n’en existe pas moins. La gloire possède en effet des éléments mesurables : la notoriété, qui peut se mesurer aisément par le nombre d’individus ayant entendu parler d’un homme ou d’un de ses actes ; l’admiration, élément d’une mesure plus complexe, mais mesurable cependant. Et d’ailleurs ce problème n’est-il pas résolu en fait tous les jours, « dans tous les examens universitaires ou administratifs, pour l’appréciation comparée du mérite des candidats ».
wi i.<uuc cuuvuii la science soenue comme prenant précisément pour objet ces troisnotions(i).Etsi elle était achevée, elle devrait comprendre : i° une théorie des vérités ou des lumières, c’est-à-dire, des « connaissances linguistiques, fois religieuses, confiances enthousiastes, connaissances scientifiques » : 2’ une théorie des utilités ou des biens, « qui comprennent les pouvoirs, les droits, les mérites, les richesses » ; 3“ une théorie des beautés, avec autant « d’espèces distinctes qu’il y a de variétés des beaux arts et de la littérature».
De toutes ces notions, celle de richesse a seule paru digne d’être l’objet d’une science spéciale ; l’économie politique . Cela tient à ce que son caractère quantitatif apparaît plus nettement et à ce qu’elle « se prête à des spéculations d'une précision plus mathématique ». C’est ce qui explique et excuse les prétentions de l’économie politique qui s’est longtemps donnée comme la science universelle des sociétés. Mais le caractère quantitatif est aussi réel que peu apparent dans les autres notions, car il est impliqué dans tous les jugements humains. Et ainsi « tous ceux qui traitent de l’une des trois branches de la valeur sociale ou de leurs sous-branches, auraient les mêmes titres au caractère d’universalité » : le prêtre, le linguiste, le juriste aussi bien que l’économiste.