‹ Gabriel Tarde et l'économie politique [microform], un essai d'introduction du point de vue psychologique dans le domaine économiqueChapitre 98 sur 233 · I . Psychologie économique, p · texte numérisé non relu

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mensonges de la presse, des nouvelles sensationnelles,

des conversations de couloirs ».

La conversation présente, elle aussi, un grand intérêt

économique tant dans le troc des peuples sauvages que dans les échanges si perfectionnés de nos sociétés contemporaines. C’est elle, en effet, qui « élabore cette grande souveraine de la vie économique ou politique, l’opinion, régulatrice des usages et des besoins, des goûts et des mœurs, et, par conséquent, de l’industrie». Aussi l’on devine que l’importance des langues n est pas purement linguistique, mais éminemment économique et les Anglais savent bien que leur prestige éconoque est dû en grande partie à l’extension de leur langue

dans le monde.

Etatisme. — Cette fine analyse psychologique de la croyance entraîne Tarde à envisager sommairement le problème de l’étatisation des instruments de production. Il est en effet une attente qui a une « influence directe sur la production : c’est l’attente des demandes de la clientèle par le producteur ». Il produit toujours ce qu il espère écouler. Nous savons déjà que l’entrepreneur et l’ouvrier diffèrent par la nature inégale de leurs attentes, l’attente du premier étant souvent accompagnée de probabilité, l’ouvrier comptant plutôt avec une entière

certitude sur son salaire.

Or, la production doit prévoir la consommation et la devancer un peu et l’Etat, qui fait rédiger les statistiques commerciales, serait, dit-on, le plus apte à prévoir

les nécessités et à réglementer la production. Certes Tarde ne nie pas que l’on puisse voir une époque où « la très grande industrie en arrive un jour à retrouver, par l’excès même de ses audaces, la sécurité complète des humbles et timides artisans priiaitifs, qui fabriquaient sur commande, avant que le marché se fût élargi et que l’industriel produisît pour le public, « clientèle anonyme et inconnue ». Mais cependant notre auteur reste sceptique sur la possibilité d’une organisation générale et centrale du travail par l’Etat. Il préfère à la vaste direction d’ensemble « une foule de petites directions de détail, séparément clairvoyantes et appuyées sur des informations justes ou d’une inexactitude compensée», car s'il y a des erreurs, elles ne peuvent être toutes dans le même sens et finissent donc par se compenser. C’est ce qui explique qu’on soit arrivé à approvisionner sans heurt une capitale comme Paris, et à peu près comme il convient. Il n’est même pas sùr que le petit nombre de « monopoleurs, réduit par la grande industrie finisse par se réduire à l’unité de l’Etat. »

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