‹ Gabrielle: comédie en cinq actes, en versChapitre 19 sur 71 · ACTE îf. JT · texte numérisé non relu

ACTE îf. JT

Vous le mériteriez, ce n'est pas rembarras ; Mais les mauvais sujets sont exempts de ce cas *, N'est-ce pas, ma tante?

AD m EN NE, troublée.

Oui. — Voilà de belles roses, Gabrielî©.

6ABRIELLE , antudiant une rose de son bouquet.

Elles sont de ce matin écloses.

Tiens.

Elle la lui donne.

ADRIENNB, pousse un petit eri et jette U rose.

Ahl

Qu'estH» ?

ADRIENNE

Ta rose a des griffes de chat

STÉPHANE , ramassant la rose.

Ce qui tombe au fossé, madame, est au soldat.

TAHPONET, à part.

A ma barbe !

ADRIENNE

Je veux ma fleur.

STÉPHANE

Venez la prendre^

JULIEN

Il ne vous fera pas l'affront de vous la rendre.

— Vous vous démenez fort, mon oncle; qu'avez-vous?

TAMPONET.

A part.

Qu'est-ce que j'ai? moi? rien. Que puis-je avoir? Je bous

S8 6ABRIBLLB.

STÉPHANE

Donc je garde la fleur, madame.

TAMPONBT, à part.

Bon apôtre t

ADRIENNS.

Non, monsieur, pas du tout.

Va, je t'en donne une autre.

JULIEN

L*incident est vidé. Vous voilà, ^ns noirceur, De ce trésor volé paisible possesseur.

TAMPONET.

Beau trophée, en effet, qu'une fleur dérobée!

STÉPHANE

Certes^ j'aimerais mieux qu'elle me fût tombée

Dans la lice, parmi les taureaux furieux,

Comme il se pratiquait parfois chez nos aïeux ;

Mais on fait ce qu'on peut, et, dans ces temps moroseS|

C'est sur un plat parquet qu'on ramasse les roses.

TAMPONET.

Oui, tout se racornit, hélas! de jour en jour : Désintéressement, honneur, courage, amour!

La jeunesse devient pédante et compassée ; On voit de beaux garçons à- mine retroussée.

Qui jadis eussent fait de hardis spadassins.

Avocats aujourd'hui, banquiers ou médecins!

A. part.

Attrape.

STÉPHANE

Je voudrais pour beaucoup que mon père

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