‹ Gabrielle: comédie en cinq actes, en versChapitre 50 sur 71 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

* JULIEN, seul.

Déborde, pauvre cœur gonflé de désespbil* !

Elle ne m'aime plus! — Qui l'aurait pu prévoir? Je sens sombrer tna vie entière en ce naufragé ! Adieu, bonheur! adieu, travail! adieti, courage!... A quoi bon désormais des efforts superflus?

Je suis seul dans le thônde ; elle ne m'aime plusi

Insensé î voilà donc là tendresse éphémère Que j'ai pu préférer à la vôtre, ô ma mère I

80 GARRIELLB.

Quand mon petit bagage a vidé la maison, Vous pleuriez en silence, et vous aviez raison ; Car votre fils quittait sa véritable amie, mère, dans la tombe à présent endormie !

Hélas I j'ai plus aimé cette femme que vous ; Je l'entourais de soins plus tendres et plus doux [ Pour ne pas voir un pli sur sa lèvre vermeille, Je desséchais mon sang aux ardeurs de la veille, Et la trouvant heureuse et fraîche le matin, J'oubliais ma fatigue aux roses de son teint... Voilà ma récompense 1 l'ingrate l l'ingrate !

Il se lère.

Et de quoi te plains-tu? qu'es-tu donc qui la flatte.

Pauvre gratte-papier, obscur praticien.

Avocat de la veuve et du mur mitoyen?

Te crois-tu bon à mieux qu'à payer sa dépense,

Manœuvre, et te faut-il une autre récompense

Que l'honneur,^ déjà grand pour ton obscurité,

De défrayer son luxe et son oisiveté?

Tu prétends être aimé? Regarde-toi ! les rides

S'impriment avant l'âge à tes tempes arides.

C'est le travail , dis-tu 1 mais qu'importe à ses yeux?

Tout ce qu'elle en conclut , c'est que tu te fais vieux ;

Elle te sacrifie au premier fat qui passe...

les femmes ! stupide et méprisable race 1

Qu'elle me fait de mal , la cruelle I

U M mdad.

Eh bien, quoi?

Est-elle là dedans moins à plaindre que moi ? N'a-t~elle pas perdu le repos qu'elle m'ôte?

Elle ne m'aime plus l mais ce n'est pas sa faut«««»

C'est peut-être la mienne ! — Elle a bien combattu ; Que puis-je demander de plus à sa vertu?

Je dois mettre une main sur. ma plaie, et de l'autre Défendre, son honneur... dernier bien qui soit nôtre ! Il faut la raffermir au moins dans son devoir...

Oabrielle entre.

En est-il temps encore? Ah ! je vais le savoir.

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