‹ Gabrielle: comédie en cinq actes, en versChapitre 59 sur 71 · SCÈNE IL GABRIELLE, ADRIENNE · texte numérisé non relu

SCÈNE IL GABRIELLE, ADRIENNE

GABRIBLLE.

Quel secret as-tu donc?

ADRIENNE

Quel secret? je t'admire I C'est toi qui dois avoir quelque chose à me dire.

Et quoi donc ?

ADRIENNE

Presque rien. Par exemple , le md Que tu glissais tout bas à Stéphane tantôt.

Je ne sais.

ADRIENNE

Ai-je donc perdu ta confiance, Ou bien n'oses-tu plus m'ouvrir ta conscience ? J'en ai bien peur,

Jamais je ne t'ai rien caché.

ADRIENNE

Quand Stéphane tantôt de toi s'est rapproché, Vous avez échangé quelques mots à voix basse.

ACTB V. 93

GABRIELLB.

Ah! ouï, je m'en souviens... j'ai dit que j'étais lasse.

ADRIENNB.

Pas autre chose?

Non.

ADRIENNE

Voudrais-tu l'attester Par serment?

GABRIELLB.

Quel motif as- tu pour en douter?

ADRIENNE

Stéphane tout à coup a changé de langage Et s'est déclaré net contre le mariage, Pourquoi?

GABRIELLB.

Mais... je ne sais... tiens, je mens lâchement! Tout mon cœur se soulève en cet abaissement!

J'appartiens à Stéphane.

ADRIENIIB.

Ohl

0ABRIELLB.

Du moins de parole.

ADRIENNE

S'il est temps encor...

GABRIELLB.

Non, pas un i/jot, je suis folle, J'ai la fièvre. Tais-toi; le sort en est jeté: Je suis perdue enfin , voilà la vérité.

Il 6ABRIBLLB.

ADRIBNNB.

Si tu souffres avant la faute consommée, Pauvre enfant, que sera-ce après?

6ABRIELLE.

Je suis aimée l

ADRIBNNB.

Tu crois r^tre du moins. Elle le crut aussi , Celle dont ce matin je te parlais ici.

Elle se consolait avec cette pensée Des hontes dont sans cesse elle était oppressée; Car, vois-tu, le mensonge est un âpre tyran Qui ne relâche plus ceux qu'une fois il prend , Et le ciel juste a fait de ses ignominies Le secret châtiment des fautes impunies!

GABRIELLB.

Je le sais déjà.

ADRIBNNB.

Non; car si tu le savais, Tu n'irais pas plus loin dans ce chemin mauvais. C'est un mensonge aisé celui dont Tassurance Défend contre le monde une chère espérance:

Mais qu'il est douloureux et demande d'efforts Celui qui n'a plus rien à cacher qu'un remords! Va , tu le connaîtras un jour le dur supplice De tromper ton mari , maudissant ton complice; Et ce sera le jour où tu t'apercevras Que de sa passion le malheureux est las.

GABRIRLLE.

L'amant de ton amie était un misérable i- Voilà tout.

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