‹ Gabrielle: comédie en cinq actes, en versChapitre 60 sur 71 · ACTE V · texte numérisé non relu

ACTE V

ADRIENNE

Non; c'était un jeune homnTie honpr^bj'e.

Et ses premiers serments furent de bonpe foi ; Mais il ne m'aiipait pl^s.

C'était toi ? -- C'était toi \

ADRIBNNE.

Hélas 1

GABRIELT.E.

Ne rougis pas, ô ma chère Adrienn©!

C'est un lien de plus; ma faute aime la tienne! J'aurai donc une amie à qui me confier , Qui saura me comprendre et me justifier!

ADRIENNE

Je ne chercherai pas de vaine échappatoire; Puisqu'un mot m'a trahie, écoute mon histoire, Et puissent mes douleurs au moins te protéger!

Je ne veux les savoir que pour les partager.

ADRIENNE

C'est l'histoire toujours vieille ^ toujours nouveije" Je fus heureuse un an... puisque cela s'appelle Du bonheur. — Il m'aimait; il le croyait, du moin», Et ses serments prenaient les anges à témoins. Puis l'habitude vint. Sa tendresse assouvie Ne suffit bientôt plus à l'ardeur de sa vie... Quand une passion vient à se consulter, Tout s'accorife aussitôt à la précipiter; ' Tout déplaît à l'amant refroidi , tout l'irrite, Surtout ce dont jadis il nous fît un mérite.

S'il cherche à quereller, notre douceur paraît Comme une résistance à son désir secret; Notre adresse, autrefois pleine de poésie, A parer aux soupçons, devient hypocrisie ; Il finitf entends-tu , par plaindre notre époux , Et prendre, au fond du cœur, son parti contre nous, Tant ce mari trompé lui parait honnête homme Depuis qu'il n*a plus rien à lui voler, en somme.

Mais c'est une infamie!

ADAIENNB.

Hélas ! non. C'est le cours Des choses de la vie et le train des amours.

Mais ce que j'ai souffert, je ne saurais le dire.

Je le comprends assez.

ADRIBNNE.

Un seul mot peut sufQre:

Je l'aimais, et parfois je désirais sa mort.

Gi^RlELLE.

Et tu n'as pas rompu?

ADRIENNE

Ce fut mon plus grand tort Mais un reste d'espoir m'en ôtait le courage. Et lui de son côté subissait l'esclavage Par un dernier égard semblable au rejnîntir, N osant m'abandonner et désirant partir.

La liaisons aînsî^ pendant toute une année, Dans les déchirements s'est encore train 'c, VA Dieu sait jusqu'à quand tous deux aurions soiiiïerl

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