STÉPHANE, JULIEN, GABRIELLE
GABRIBLLB, «tm eflM.
Julien 1
JULIBN , irta-oalme ; U a des donien souf le bras.
Oui , c'est moi , mes amia Je vous reviens plus tôt que je n'avais promis ; Mais mieux que la frayeur, les heureuses nouvelles Aux pieds du voyageur peuvent mettre des ailes.
STÉPHANB.
ci doiict
JULIEN
Je vous rapporte un sujet de gala :
Monsieur ie secrétaire intime , touchez là.
lOS GABRtELLE.
STÉPHANE
Que veut dire?.,.
JULifeN.
Parbleu , tnon cher, cela v^iit dire Que l'amitié n*est t>as toujours un mot pour rire.
Tant de chaleur me touche, et j*en reste confus ; Mais vous a^iez sans doute oublié mon refus.
JULIEN
Lorsque j'aime les gens, j'ajuste mes services A leurs vrais intérêts et non à leurs caprices. Donnez mon zèle au diable autant qu'il vous plaira , Traitez-le d'indiscret , d'absurde et caetera , Je ne m'émeus pas plus de votre rebuffade Qu'un bon chirurgien des cris de son malade.
STÉPHANE
Je suis reconnaissant à ce zèle parfait , Mais je ne puis, monsieur, en accepter l'effet Tant que mon père...
JULIEN
Encor cette plaisanterie?
Soyez donc une fois sérieux , je vous prie , Et faites-moi l'honneur de ne pas me traiter Eu précepteur bourru que l'on craint d'irriter.
STÉPHANE
Mais si j'ai des raisons... impossibles à dire?
JULIEN
Dès qu'il en est ainsi , pardon, je me retire...
li V» ^•u»T SOS papiers sur Id table.
Non pourtant sans trouver assez blessant pour moi
ActK r. • iéi
Que dans mon amitié vous ayez si peu foi.
Si mon secret était à moi seul ^ je vous jure.
IULIBN.
Oh i oh ! voilà qui sent Tamoureuse aventure, — Je m'en doutais.
STÉPHANE
Alors , pourtjtiol mMtiferWgert
JULlKN.
Contre vous-même, ingrat, je veux vouB protéger;
STÉPHANE
Épargnez- VOUS , monsieur, des remontrances vaines ; L'amour qui me dévore a coulé dans mes veines.
JULIEN
Bien ! je ne prétends pas l'en tirer ; mais en quoi • Ce grand amour est-il contraire à votre emploi? Tout votre temps est donc pris par votre maîtresse?
STÉPHANKi
Elle est pure, monsieur, je n'ai que sa tendresse.
JULIEN
D'où vient donc?
STÉPHANE, arec ëiiibarMt.
Elle veut qile je partej et je pars
iÛLlEN.
Bah î ces voyages-là sont sujets aux i-etârdisi;
STEPHANE.
le pars demain.
JULifaN.
D'hbiliicur?
104 • 6ABRIELLB.
STÉPHANE
, D'honneur.
•ABRIBLLEy à pari.
Quelle tortQrBl
JULIEN
Vous êtes, cher Stéphane, une noble nature, Et celle qui vous pousse à pareille action A, quelle qu'elle soit,, mon admiration.
GABRIELLB, t>u à Sté^baat.
Dites la vérité , sa louange me tue.
STÉPHANE
Votre éloge se trompe et je le restitue :
le ne pars pas seul.
JULIEN, à part.
Dieu î — Tais-toi , cœur frémissant !
n sera toujours temps de répandre du sang.
6ABRIELLE.
Vous méprisez beaucoup cette femme?
JULIEN, pasMiit au milieu.
Au contraire.
Quand d'un amour funeste il n*a pu se distraire, C'est un cœur bien placé qui seul peut consentir A se perdre à jamais plutôt que de mentir.
D'ailleurs, à mon avis, Tadultère est un crime ' Grotesquement ignoble à moins d*étre sublime, ^^
Cdmme un fleuve fangeux qui se change en égout, & dans sa véhémence il n'entraîne pas tout.
STÉPHANE
Ainsi, vous approuvez... cette femme?