‹ Gabrielle comedie en cinq actes et en versChapitre 38 sur 76 · JUI.IE.N · texte numérisé non relu

JUI.IE.N

Vous m’avez dit cent fois

Que vous ne pourriez pas y rester plus d’un mois ; Et vous aviez raison, car Paris est le centre De quiconque se sent autre chose qu’un ventre.

En province, mon cher, vous sécherez d’ennui ,

Si vous ne devenez gros et gras comme un muid.

STÉPHANE

Il n’im|)orte, mon père...

JULIEN

Est jvar trop égoïste Si sa décision à ce tableau résiste.

STKPHfNE.

J’ai promis.

CABRIELLK

ADRIENNE

On diraH à vous entendre tous Que les départements soient des pays de loups.

Je vous jure, monsieur, que ce sont des contrées Habitables à l’homme et point hyj)erborées ;

Les naturels n’ont pas le cer>eau plus transi Et l’esprit ne s’y perd ni plus ni moins qu’ici.

Votre père a raison ; c’est un rôle plus mince De végéter chez nous que de vivre en provinoc.

Être i>eu, dans Paris, c’est n’être rien du tout.

Et sans un piédestal nul n'y semble debout ;

En province, être peu, c’est être quelque chose ;

Sur ses jambes chacun en évidence y pose ,

Et l’on vous rend service en vous y rappelant ,

Puisque le piédestal manque à votre talent.

TAMPONET , à pirt.

Ce jeune homme est charmant.

JULIEN

Vous parlez d’or, ma tante.

C’est vrai ; le piédestal est la chose imjwrtante :

Je m’en charge. Je vois le ministre ce soir Et j’essaierai sur lui de mon petit pouvoir.

Justement il lui manque un secrétaire intime;

Le poste est excellent.

Peste ! excellentissimo !

C’est un commencement qui peut conduire à tout ,

Et je vois un bonnet de président au bout.

jumEN.

Le bonnet est encore un peu dans un nuage ;

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