ACTE III
STÉPHANE
Je n’ai pas rencontré votre fille.
Merci.
Nous avons à causer; asseyez-vous ici.
STÉPHANE
C’est donc très-sérieux?
Très-sérieux.
STÉPHANE
J’écoute.
Il faut vous marier.
STEPHANE , bondiss&nt.
Me marier !
Sans doute.
Mais si le premier mot qu’on dit vous fait sauter, Nous n’en finirons pas. — Tâchez de m’écouter.
Le parti qu’on vous offre est chose peu commune ; Tout s’y trouve à la fois ; figure, esprit, fortune ; Et qu’on soit à l’argent indifférent ou non ,
Il faut bien avouer qu’il est bon compagnon,
STÉPHANE
Est-ce vous qui parlez? est-ce vous, Gabrielle?
GABRIELLEj & pi&rt*
Haut.
Hélas ! Oui, je parais très-superficielle ;
Mais, le cas échéant, je suis de bon conseil.
(ii
(lABlUELLE.
STÉPHANE
C’est un rêve, sans doute. .
lié non ! c’est un réveil.
Il s’est bien échangé , je crois , quelques paroles
Entre nous, mais au fond ce sont choses frivoles,
Et je ne voudrais pas , pour ce qui s’est [lassé ,
Qu’à perdre un bon parti vous vous crussiez forcé.
STÉPHANE
Est-ce une épreuve?
GABRIEI.LE.
lié non ! je vous mets à votre aise , Voilà tout. — Mais , pour Dieu ! ne brisez pas ma chaise.
STÉPHANE
Ainsi par vous déjà tout est mis en oubli?
Le roman promettait do devenir joli ,
C’est vrai; mais quand soudain la réalité passe.
Ces petits romans-là doivent lui faire place.
STÉPHANE
Je suis émerveillé de tout ce que j’entends.
Madame ! je n’étais pour vous qu’un passe-temps?
Otant la rose de sa boutoniüuro.
Adieu donc, pauvre fleur, va, que le vent t’emiwrU'
Avec le souvenir de ma tendresse morte.
Je fais de mon amour comme de ce bouquet.
U jette la roeo.
GABRIELLE, à part.
Adrienne! — Il est temps! la force me manquait.