‹ Gabrielle comedie en cinq actes et en versChapitre 44 sur 76 · SCÈNE VII · texte numérisé non relu

SCÈNE VII

GABIUELLE, ADRIENNE, STÉPHANE.

STEPHANE, à Adricnne.

Venez, venez, madame, apprendre une nouvelle Qui vous étonnera peut-être.

ADRIENNE

Quelle est-elle?

STÉPHANE

C’est que, tout bien pesé, tout bien examiné,

A prendre femme enfin je suis déterminé.

GABRIELLE, à part.

Déjà !

ADRIENNE

Vraiment?

STÉPHANE

J’étais épris d’une coquette Qui regarde l’amour comme un jeu do raquette.

ADRIENNE, bas k GabrieUe.

Oh! c’est bien.

STÉPHANE

Je voulais lui conserver ma foi, Pourtant, par un scrupule aussi na'if que moi;

Mais madame m’a fait comprendre ma sottise.

Et, grâce à ses conseils prudents, je me ravise.

ADRIENNE

Oui, oui, mariez-vous; hors de là, rien de bon.

STÉPHANE

D’autant que la personne est charmante, dit-on.

GABRIüLl.E.

ADRIEN. NE

Oui, charmante, en effet.

Est-elle brune ou blonde?

“ ADRIENNE

Elle est blonde.

STÉPHANE

Je suis le plus heureux du monde.

Quel âi'c a-t-elle?

ADRIENNE

Elle a seize ans.

STÉPHANE

De mieux en mieux.

Son es|>rit ne doit pas être encor vicieux.

Et je trouverai là ce sûr et doux commerce Où le cœur fatigué se re|K)se et se berce.

•. GABRIEL LE, à part.

O mon Dieu !

ADRIENNE, has à Gabrielic.

Du courage!

STÉPHANE

-\-t-elle des talents,

Comme disent messieurs les notaires galants?

ADRIENNE

Les futures en ont dans tous les mariages.

C'est vrai; — mais croye/.-vous qu’elle aime les voyages?

ADRIENNE

Jla foi, je n’en sais rien.

Page 1