‹ Gabrielle de Rochechouart de Mortemart [microform]; étude historiqueChapitre 16 sur 138 · AU DOCTEUR VALLANT · texte numérisé non relu

AU DOCTEUR VALLANT

A Fontevrault, ce 2 février 1673.

Je suis si honteuse d'avoir mal entendu tout ce que vous m'avez dit sur une certaine affaire, que l'horrible inquiétude où je suis de la maladie de mon père* ne peut m'empôcher

- On a vu dans une lettre de Fabbesse de Fonlevraull à madame de Sablé, du 23 aoùl 107 1, les bruits qui avaient couru sur elle, et, en note, ce qu'avait dit jnadanie de Sévigné à ce sujet. Quclb» était l'histoire qui avait circulé à Angers? S'agissait-il encore des Itruits qui l'avaient tant chagrinée en 1071?

' Ribl. ini|). Mss. 17,050. PorlcfcuiUcs Vallanl, t. Xll, fol. 512.

* Le duc de Morleniarl, gouverneur de Raris. Il mourut le 20 décembre 1075.

100 LETTRES DE GABUIELLE DE HOCHECIIOU ART d'essayer, dès aujourd'hui, à réparer celte faute. Ce que je m'en vais vous dire vous paroitra incroyable ; cependant, Monsieur, rien n'est plus vrai. Madame Testu assure qu elle ,n'a montré la première lettre que vous lui écrivîtes sur ce sujet. Je n'en doute pas, puisqu'elle le dit Ce qu'il y a pourtant de certain est que je ne sais que d hier au soir les honnêtetés que M. A...'^ a voulu me faire. Je ne puis vous dire la raison de tout ce malentendu ; elle m est incompréhensible, car je ne sms point sujette à rêver ; et voilà cependant la plus grande de toutes les rêveries. Au nom de Dieu, Monsieur, raccommodez tout cela du mieux que vous pourrez; et surtout prenez la peine de dire a M. A .. que ma vanité seroit bien agréablement llaltee, s il étoit vrai que j'eusse quelque part à son estime, el que rien ne peut me consoler de n'avoir point eu l'honneur de le voir que la pensée qu'il a emporté une bonne opinion de moi, qui auroit assurément été détruite par ma présence. Je voudrois dire des merveilles sur ce sujet et faire des remerciements proportionnés à ma reconnoissance ; mais, je sais qu'il est dangereux de s'embarquer dans ces sortes de discours. Ainsi, j'ajouterai simplement que rien n'étoit plus capable de me donner une sensible joie que de me voir honorée du souvenir d'une personne de son mérite et que j ai toute ma vie admirée si particulièrement. Ce sont la mes véritables sentiments. Je vous prie, Monsieur, de les exprimer à votre mode, afin qu'ils soient reçus plus agréablement et qu'on n'ait pas lieu de se repentir des avances qu on

m'a faites.

Il est si tard que je ne puis vous mander tout ce que je voudrois vous dire ; ce sera pour une autre fois, car j'aime à vous écrire, parce que j'aime passionnément vos répon-

5 La lettre aulo-rapl.c ne donne que ceUc initiale. C'est êvideiiimoiit Ariiauld d'Andiliy.

ses. Madame de Sablé m'a mandé des choses qui redoublent la douleur que j'ai de ne la point voir. Dites-lui bien, je vous prie, et rendez-lui compte de tout ce qui est contenu dans cette lettre. Je n'ose lui écrire, parce que la petite vérole est céans. Je crois qu'elle auroit bien pitié de moi, si elle savoit qu'on se moque ici de ceux qui craignent cette maladie, et que je n'ai pas encore pu empêcher celles qui gardent la malade d'aller parmi le monde et de parler à moi, comme si de rienn'étoit.

Je ne puis finir sans vous faire mille remerciements de vos pilules : elles m'ont fait un bien qui ne se peut exprimer.

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