‹ Gabrielle de Rochechouart de Mortemart [microform]; étude historiqueChapitre 30 sur 138 · MADAME DE SABLÉ A L'ABBESSE DE FONTEVRAULT · texte numérisé non relu

MADAME DE SABLÉ A L'ABBESSE DE FONTEVRAULT

Je suis chargée, Madame, de vous témoigner mille scnliments de respect et de reconnoissance de la part des personnes qui m'ont ohligée de vous faire la très-humhle supplication que vous avez reçue si généreusement. Quand je ne le serois pas, je prendrois la liherté de vous témoigner les miens qui sont assurément au-dessus de tout ce que je pourrois dire. Il n'y a rien de si obligeant ni de si généreux que ce que vous m'avez fait l'honneur de m'écrire ; je voudrois bien vous pouvoir mander quelque chose qui pût rendre cette lettre un peu agréable. J'en avois une qui vous auroit pu donner quelque plaisir, mais je crains que la Sainte^ ne m'ait devancée. C'est que le prédicateur de Montmartre prêcha dimanche dernier sur la tentation, et dit qu il ne falloit pas se mettre tant en peine lorsque l'on éloit tenté,

est souvent question dans la correspondance avec madame de Sablé et avec le docteur Vallant.

» Voir dans Madame de Sable, par Victor Cousin, chap. in, quelques-unes de ces maximes et le ju;:ement qu'il en porte.

i lîibl. imp. Mss. 17,050. Portefeuilles Vallant, t. VII, fol. 450. — Cette lettn^ a été publiée en extrait dans Madame de Sablé, par Victor Cousin, p. 204.

* Je ne sais au jusie si cette lettre et celle n" 20 sont de iC74 ou 1075. Dans tous les cas, celle-ci parait l'aire allusion à un service que l'abbesse de Fontevrault avait annoncé, dans la première des deux, être toute prête à rendre à madame de Sablé auprès de M. Tubeuf, lequel avait été nommé intendant de Touraineen 1674.

5 Vraisemblablement madame de Saint-Aubin ou madame de hoïj- Dauphin. toutes deux retirées à l'Abbaye-aux-Bois.

ADRESSE DE l-O^TEVUAULT, ET DE SES AMIS. 120

qu'il n'y avoit qu'à dire non; que David étant vieux et comme usé lorsqu'il fit tuer le mari de Betsabée, ne pouvoit pas avoir une ^^rande tentation ; qu'il y succomba parce qu'il ne sut pas dite non; que Joseph, au contraire, qui étoit jeune, sanguin et vigoureux, en devoit avoir une fort grande; qu'il n'y succomba pas pourtant, parce qu'il sut dire non, et même laisser sa casaque, mais que si elle avoit tenu au bouton, il ne savoit pas ce qui en seroit arrivé.

N'est-ce pas là un bon entretien pour des religieuses? Je ne sais pas comment madame de Montmartre l'aura piis, mais je gagerois toujours cent contre un qu'elle en sera très-mécontente.

J'ai lu le livre dont j'ai eu l'honneur de vous parler; il y a de fort plaisantes choses. Je vous en manderai une des principales à la première occasion.

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