A MADAME DE BOIS-DAUPIIIN, A L'ABBAYE-AUX-BOIS
A Fontevrault, ce 26 juin 1082,
Je fais faire un bâtiment pour lequel la clôture est déjà ouverte depuis plus d'un mois ; aussi tout le monde a vu la maison et l'a trouvée fort belle. Le bonhomme Mgr l'évêque d'Angers y entra dernièrement par la même occasion, et me parut plus satisfait que jamais, de corps et d'esprit. Il a quatre-vingt-six ans, et, dans trois ou quatre heures qu'il demeura ici, il ne cessa pas de marcher par tous les hauts et les bas que vous connoissez , sans être fatigué le moins du monde. Nous étions ici ravies de voir ce saint homme, et nous prîmes bien des fois sa bénédiction. M. Yallant ne sera peut-être pas fâché d'apprendre des nouvelles d'une personne que sans doute il estime. Je vous prie donc, ma chère cousine, de lui lire cet article et de lui faire bien mes comphments.
Cette fille est bien heureuse de n'avoir pas été reçue dans
* Il est probable que Colbert eut égard à cette prière. Un an après, le 4 lévrier 1085, il recommandait ù d'Aguesseau, intendant du l.auguedoc, les affaires concernant les couvents de l'ordre de rontcvrault, particulièrement pour les pensions des filles ayant fait profession, et dont les parents négligeaient de payer la pension. [LcUrcs de Colbert, t. M, p. 190.)
* Bibl. imp. Mss. 17,050. Portefeuilles Vallant, t. Vil, fol. 201. = Fragment de lettre; copie.
nos couvents , puisqu'une si bonne fortune l'attendoit à l'Abbayo-aux-Bois. Si on connoissoit l'avenir, on seréjouiroit souvent de ce qui afflige le plus. Les expériences que nous avons de temps en temps là-dessus devroient bien nous faire conclure que nous ne savons guère ce qui nous est propre, et que notre mieux, en toutes manières, est de nous abandonner à la Providence..,