A MADAME DE SAI^T-AUBLN, A L'ABBAYE-AUX-BOIS
Depuis le jour de la Pentecôte, j'ai une fluxion trèsgrande sur le visage qui ne me permet pas d'écrire de mr main ; mais, ma chère fille, elle ne me peut empêcher d( vous remercier de votre dernière lettre, et de vous faire re proche qu'après toutes les assurances que je vous ai don nées de hrûler toutes vos lettres, vous avez encore l'injus tice de vous en inquiéter. Je ne sais plus ce qu'il faut qu( je fasse pour vous mettre en repos sur ce sujet. Le Père Rapin, qui arriva ici samedi, m'a apporté une lettre de ma dame de Sablé dont je suis enchantée à mon ordinaire, e qui m'a fait repentir des plaintes que je vous avois prié( de lui faire faire de ma part. J'attends ma bonne santé poui lui répondre.
Je suis bien de votre avis sur ce que vous me mander au sujet de madame la prieure, et si elle m'honore d'un( visite, je vous assure que je profiterai du conseil que vou^ me donnez.
Prenez la peine, ma chère fille, de dire à M. Vallant qu( celte affaire du Charme^ dont il n'est pas content a été ap prouvée de gens auxquels il n'a pas accoutumé d'être con traire. Dans la vérité, je n'ai point entrepris cette affaire qu'après l'avoir consultée à. mille personnes sages quim'on
' Ribl. imp. Mss. 17,050. Portefeuilles Vallant, t. VII, fol. 494. - La lettre nest pas datée. L'indication de l'année a été mise au dos pai Vallant. Elle n'est pas autographe, et ne porte pas de signature.
* Le Charme-aux->onains, couvent de bénédictines; il était situ< dans le diocèse de Soissons et relevait de l'abbave de Fontevrault.
F ABBESSE DE FONTEV KAl I.T, ET DE SES AMIS. 89
prescrit la conduite que j'y ai tenue. Si, malgré tout cela, on peut me convaincre qu'elle ne soit pas juste, je suis toute prête à changer, tant est grande ma docilité.
Faites, s'il vous plaît, mille compliments pour moi à ma cousine Dofine"', et croyez, ma chère, que je suis toute à vous. Mon indisposition ne m'a pas permis de vous faire une lettre plus longue ni mieux arrangée que celle-ci. J'espère que vous n'aurez pas de peine à m'excuser.
Je suis de tout mon cœur très-humble servante de M. et de madame de Villarmon.