AU DOCTEUR VALLANTi
A Funtevrault, ce 13 mai 1G75.
Je n'ose me plaindre du long temps qu'il y a que je n'ai roçn de vos lettres, parce qu'il me semble que c'est un peu ma faute que j'en ai été privée, et que je ne dois pas prétendre qu'au milieu de tous vos embarras vous puissiez songer à moi sans que je prenne le soin de vous en aviser. C'est donc, Monsieur, pour m'altirer quelques marques de voire -Miivenir que je vous écris présentement. Je serois la plus aise du monde d'avoir, outre cela, quelque chose à vous dire qui vous rendît mes lettres un peu agréables, mais il ne se passe rien du tout ici qui mérite de vous être mandé, et cela est cause que j'ai souvent honte d'écrire à mes amis.
J'ai lu avec toute la complaisance possible les deux mots obligeants que M. A...- a bien voulu dire sur la lettre que vous lui avez montrée. Vous me ferez un sensible plaisir de
' Bibl. imp. Mss. 17,OdO. Porte feuilles VaUant, t. YII, fol. ùOG. * Voir la notp ." de la lettre précédente»
lui témoigner, dans l'occasion, que j'en suis très-reconnoissante.
Comme vous voulez savoir quelque chose de mes lectures, je crois vous devoir dire queje suis enchantée des Cort5a7?/iiûws de Port-Royal que j'ai kies depuis peu. Je trouve que toutes les religieuses n'en devroient point avoir d'autres, et je m'estimerois bien heureuse si je pouvois inspirer dans mon Ordre, et surtout dans cette maison, quelque chose de ce qu'elles prescrivent.
Je vous prie de ne pas faire part de cet article de ma lettre à madame de Bois -Dauphin , car, commue le Port- Iioyal y est nommé, elle ne manqueroit pas de se déchaîner contre moi et de m'appeler janséniste.