‹ Gabrielle de Rochechouart de MortemartChapitre 51 sur 136 · MADAME DE MAlNTENU-N A LACBESSE DE FÛMEVRAULT · texte numérisé non relu

MADAME DE MAlNTENU-N A LACBESSE DE FÛMEVRAULT

A Saint-Cyr, ce 27 juillet 1080.

Je suis toujours ravie, ^Madame, quand je reçois des marques de vos bontés pour moi ; mais je voudrois bien que vous ne me fissiez point de remerciements , quelque cbose que je puisse faire. Jugez par là, Madame, si j'en dois attendre pour mes seules bonnes intentions et sur la manière dont je reçois les choses qui me viennent par vous, il est certain qu'il n'y a rien qui me soit plus pi^écieux, et que les intérêts de madame de Mortemart ^ et ceux de madame de Thianges me tiennent trop au cœur. Je n'ai jamais changé de sentiments pour vous : vous avez touché mon goût et rempli mon estime ; j'ai cru ne pas vous déplaire , et tout cela, Madame, a subsisté dans tous les temps et subsistera toujours. Mais je vous demande en grâce de me traiter comme vous me traitiez et de m'estimer assez pour croire que ce que la fortune fait en ma faveur ne m'a point gâtée. ||*' Je souffre fort volontiers tout ce qu'elle m'attire des gens qui ne me connoissent point et dont l'opinion m'est assez indifférente ; il n'en est pas de même de vous, Madame, dont l'estime et l'approbation m'ont été précieuses , et je serois

* Tirée d'un recueil manuscrit de Luit lettres qui a appartenu à la rnai-on de Saint-Cyr. M. Lavallée, Correspondance générale de nuuUnne de Maintenon, t. III, p. 57.)

- Une des filles du duc de Vivonne, religieuse à Fontevrault, que l'abbesse de Fontevrault, .sa tante, désirait faire nommer abbesse, et qui fut mise, quelque temps après, à la tête du couvent de Deauraontlez-Iours.

ABBESSE DE FONTKVKAILT, ET DE SES AMIS. i77

ou désespoir que vous me crussiez assez folle pour avoir oublié conibieu votre aniilié honore et avec quel respect jr (luis vous assurer que je la mérite par la manière dont je >iii> pour vous.

J'ai dit au roi, Madame, les chagrins que ses maux vous

Mniiient et la joie que vous sentez du retour de sa santé. Il

it qu'il compte fort sur la sincérité de vos protestations

* iju'il y a entre vous et lui une intelligence particulière et 01 1 indépendante. Comptez, Madame, qu'il se porte bien, luil est très-gai et que vous êtes mal avertie si vos noua'Iies portent qu'il s'ennuie. Que j'ai de pente à causer avec

vus et que je le ferois de bon cœur et bien franchement!

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