I. ctait lait pour ça
' Voir la lettre précédente, note 5.
'' Henri-Jules de Bourbon, jinnce de Condé, fils du grand Condé, !"is gouverneur de Bourgogne; né en lOiô. mort le lô avril 17U9.
180 LETTRES DE GÂBRIELLE DE R OCHECII QUART
vous avez si bien écrit el dont vous paroissez toujours occupé , ce n'est pas faute d'être souvent avertis par de tristes expériences du néant de toutes les choses de la terre. Rien ne le prouve mieux que d'avoir vu disparoitre un homme comme feu M. le Prince. Sa naissance et son mérite lui faisoient occuper tant de place dans le monde qu'on s'imaginoit naturellement qu'il y tenoit plus fort que les autres. L'étonnement que l'on sent à la mort de ces gens-là est une preuve que l'on est dans cette erreur sans s'en apercevoir.
J'ai été bien édifiée de tous les récits qui me sont revenus des dispositions de feu M. le Prince à cette dernière heure et les deux années qui Pont précédée. Tous les gens qui aiment la rehgion doivent se réjouir de ce grand exemple, et ceux qui étoient particuhèrement attachés à feu M. le Prince y doivent trouver une consolation solide.
Je suis toujours, mon révérend père, parfaitement contente de M. de Basville^, et je ne manque pas à lui écrire de temps en temps, mais bien moins que je ne voudrois, parce que je respecte ses occupations. Je souhaite fort qu'il aille à Paris ce printemps , dans l'espérance qu'il passera par la Molhe^ et que je pourrai le voir. Il y a bien peu de gens au monde pour qui j'aie autant d'estime et de goût que j'en ai toujours eu pour lui depuis que je le connois. Vous savez que je ne vous ai jamais tenu un autre langage. 11 y a apparence que je ne changerai pas d'avis là-dessus.
5 Mcolas de Lamoignon, sieur de Basville; il était alors intenda du Languedoc, où il exécutait avec une rigueur excessive les ordres Louvois contre les protestants; mort le 17 mai l'^i, âgé de soixan dix-sept ans.
^ Madame de Montespan parle dans une lettre du 15 septembre 1689, du château de la Mothe, Il était situé commune d'Ai tannes, près Fonte- Vrault. Il était sans doute à proximité de la route de Paris, et l'ab-j^ besse de Fontevrault espérait y voir Basville au passage.
ABBESSE DE FONTE VU A UI.T, ET DE SES AMIS. 'iSl
Je VOUS supplie de ne pas aussi chauffer pour moi, mon révérend père, et de me continuer cette année et les suivantes (que je vous souhaite trés-heureuses) l'amitié que vous avez bien voulu m'accorder il y a longtemps, et que j'estime au dernier point. Je vous demande aussi, s'il vous plaît, de n'être pas oubliée dans vos prières.