MADAME DE MADTE>"0>' A LABBESSE DE FONTEVRAl'LT
A Maily, ce 29 juin 1701.
Le roi me vit recevoir votre lettre, Madame, et me demanda s il n'y en avoit pas une pour lui. Je lui lus la mienne, et il vit la rai-on qui vous empèchoit de lui écrire. H vous remercie, Madame, de la part que vous avez prise à sa douleur; elle a été Irés-grande, 11 aimoit Monsieur-, il en étoil
- Ancienne supérieure de Saint-Cyr, d'abord fort en faveur auprès de madame de Maintenon et tombée ensuite en disgrâce. Elle était morte le mois de mars précédent.
* Correspondance générale de inadame de Maintenon, t IV, p. 440.
2 Murt le y juin, a la suite d"une altercation avec Louis XIV. 11 faut voi Saint-Simon à ce sujet. On n'a ici que la surlace des choses et ce qu'il éiait convenable d'écrire.
ABBESSE DE FONTE VRAUI.T, ET DE SES AMIS. 215 î! aimé ; ils ne s'éloient jamais quittés ; la manière de la mort ' 'éloit effrayante, le spectacle bien triste. Tout cela, Madame, (il une impression qui inquiéta lout le monde pour la plus ^précieuse santé qu'il y ait à conserver. La cour et les affaires ' |Sont très-bonnes dans les afflictions; il faut se dissiper et se ' iconiraindie; on en profite.
•;j Vous faites justice à madame la duchesse de Bourgogne, ilMadame, quand vous l'avez crue touché:'; elle l'a été'au- ^rjdessusde son âge; elle commençoit à aimer Monsieur; • jlTii'ineur gaie de l'un et de l'antre s'acconimodoient parfai- Mltement. Celte princesse fut témoin de cette murl; elle a joint Ipux sentiments de tendresse une peur de son âge, de sorte ^' lu'elle ne pouvoit dormir; elle s'en est trouvée mal, et cela, ivec un certain dérangement, donne quelque espérance, )eu fon.iée pourtant, qu'elle ponrroit être grosse. Elle con- |;erve un goût pour vous, Mndnme, dont vous ne douteriez ■J)as si vous étiez plus prés d'elle. Elle me charge de vous i bien remercier de tout ce que vous me dites sur son sujet. < elle n'a que trop de goût pour l'esprit ; il n'est plus guère à I a mode, et ceux qui n'en ont point lui sauront mauvais oré iie le trouvera ^
I J'ai bien pensé à madame de Monlespan en celte occasion, fitje ne suis point surprise qu'elle coure les champs. Je crois ^\mi ce qu'elle pense et par combien d'endroits elle est tou- ' liée. Je ne sais, Madame, comment on pounoit supporter i tristesse de la vieillesse et ses réflexions, si on n'espéioit ne autre vie qui ne finira point. Croyez, Madame, que tant ne la mienne durera, je serai la peisonne du monde qui ous honore le plus.
' Voir la lettre no61.