A ROGER DE GAIGMÈRES
A Fonlevrault, ce 9 janvier 1704.
Je ne veux pas passer les premiers jours de l'année, Monsieur, sans vous la souhaiter heureuse et suivie d'un grand nombre d'autres. J'ai pris part à la joie que vous aurez eue sans doute de revoir M. de Larroque, quoique son retour à Paris fût une peite pour moi. Je le prie, Monsieur, de vous faire lire, à votre commodité, un mémoiie qui vous apprendra que le curé de Gascogne dont on me menaçoit et contre lequel vous aviez eu la bonté de prévenir plus d'une fois M. le cardinal de iNoailles, que ce curé, dis-je, est venu à bout de ses desseins malgré toutes nos précautions et l'indignité de sa cause et de sa personne. J'en écris fortement à M. de La Vrillière, à qui mon mémoire S( ra aussi présenté-. Je charge M. de Castries^ de tout cela. S'il faut mettre d'autres gens dans la négociation, il me le mandera,
1 Bibl. imp. Mss. 2i,091, fol. 205.
- C est le mémoire qui pi ccède.
^ Le marquis de Castries, gouverneur de Montpellier, etc , avait épousé, le 20 mai 1095, Marie-Élisabeth de Rocliechouart, troisième fille du duc de Vivonne, aussi savante, disait-on, que sa tante. C'est elle que Daniel HuetavaitunjoursurpiisclisanI un livre grec. .M. lîoiitronpossèilc l'aulographe d'une oglog-uc latine à elle adressée par lluet, et intitidéo : llimus, sivc sjx'ciilutn.
'J56 LETTIiES DE GAUllIELLE DE liUOliECllO L Ali T.
et en ce cas je pourrois avoir lecours à M. le maréchal de Noailles. Il ne me paroit jamais importuné des prièjes que je lui fais ; mais je ne dois pas pour cela abuser de sa bonté. Je ne vous demande présenlement, Monsieur, nul autre usage de mon mémoire que celui de vous y instruire de l'affaire et de pouvoir répondre pour moi, supposé que cette question s'agitât en votre présence. Je me promets encore que vous désapprouverez et que vous ressentirez l'injustice qu'on me fait, et ce n'est pas un petit soulagement dans les peines de pouvoir compter que les amis les partagent, et surtout. Monsieur, un ami corn m o vous, qui a trop de dioilure et trop de raison pour pouvoir être soupçonné d'appuyer une mauvaise cause.