I.UUIS XIV A SŒUR I.OUISE-FPuVNÇOISE DE ROCHECHOUAPJ
XUMMtE AEEESSE DE F0NTEVI;AL"LT '.
A Mnriy, ce 21 août 1704.
Je suis trés-fâché de la perte de madame de FuntevrauU. Jai cru ne pouvoir mieux la remplacer que par une personne qui lui fût proche, et qui ayant été élevée auprès d'elle, eut pris ses maximes et profité de ses exemples.
Jespère que vous acquitterez ma conscience et la vôtre d'une charge si importante. Je vous aiderai dans toutes les occasions à soutenir l'Ordre dont vous êtes le chef. J'ai voulu moi-même vous marquer la considération et l'estime que j'ai pour votre personne.
* Arch. de 1 Empire. Couvents de femmes, VIII, L, 1,019. (Copie.)
s u r p L r. M i: n t AUX LETTRES DE 1/AlUiESSE DE FONTEMUl LT.
59 bis. — A M. DE l'ONTClI.MiTRAIN
CONTRÙLEIR GLNKPAL DKS FINANCES*.
[août 169-2.1
Je reçus liior au soir par Hautes-Bruyères^ le corilral que j'altendois avec impatience, et je prends la liberté de vous l'envoyer présentement, avec ma ratification. Je me serois contentée de vous le faire présenter sans vous fatiguer encore d'une de mes letlres, si MM. les intéressés ne m'obligeoient, par leur chicane, à avoir recours à votre autorité. Je ne répéterai point ici, Monsieur , ce que j'ai mis au long
' Arc/t. (1c i Empire. Papiers de rancien contrôlo général.
La leUre n'a pas de suscription et n'est pas datée; mais on lit en marge, de la main du contrôleur général : «- M. d' Héricourt , m'en parler; » et, d'une autre main : « Jlépovdu le 25 août 1G'J2. »
Le billet qui suit nous parait avoir été également adressé au contrôleur général vers la même époque. Un était en pleine guerre, et les impôts; extraordinaires pesaient durement sur tous.
« Je vous supplie très-humblement de me continuer Ihonneur de votre protection dans l'affaire qui survient à mon Abbaye au sujet du nouveau don gratuit accordé au roi par le clergé.
« Jusqu'ici nous avons toujours été déchargées de ces sortes de contributions, et nous avons de justes sujets d'espérer la continuation de celte grâce, si vous avez la bonté. Monsieur, d'examiner notre requête.
« Je me llatte que vous jugerez nos prétentions à cet égard assez bien fondées pour vouloir bien les maintenir. C'est ce que j'ose vous demander avec instance, et de me faire la justice de me croire très-respectueusement, Monsieur, votre très-b.nnble et très-obéissante servante, M. M. G\nuiF.u.E DE RociiEf.iiorAHT, abbossc de Fontevrauit. »
- Commune de >'eaufles-sur-Risle, canton de Rugles, arrondissement d'Évreux. 11 y avait sans doute lui couvent de Rénédictines dépendant de Fonlevraull.
dans mon placel , quo je vous supplie très-humblement de vouloir regarder. Je vous avouerai seulement que je me trouve à plaindre que ces Messieurs , par leur opposition à nos privilèges, me mettent dans la nécessité de demander presque tous les ans comme une grâce nouvelle, ce qui ne devroit pas, ce me semble, nous être disputé après une si ancienne possession, ni même être regardé comme une grâce, puisque ces privilèges ne nous viennent pas d'un don, mais d'un échange, comme j'ai eu souvent l'honneur de vous le représenter.
Cette bonne opinion que j'ai de nos droits n'empêche pas, Monsieur, que je ne voie combien votre protection m'est nécessaire pour les maintenir. J'ose donc, Monsieur, vous la demander instamment et vous assurer que vous ne la sauriez accorder à personne qui en ait plus de reconnoissance que moi, ni qui soit, avec plus de respect que je serai toute ma vie, Monsieur, votre très-humble et très-obéissante servante.
79 ^/.ç. GAIGNIÈRES A L'ABBESSE DE FO>'TEVRAULT».
[Paris] 13 décembre 1702.
M. de Larroque ne me pouvoit procurer, Madame, un plus sensible plaisir que celui que vous m'avez fait de m'honorer de votre portrait si magnifiquement accompagné. Je voudrois bien qu'il m'aidât aussi à vous en faire mes trèshumbles remerciements. J'ai reçu tant de marques de votre bonté, que j'espère. Madame, que vous aurez encore celle
I Bibl. irnp. Mss. 24,987, fol. 160. Minute de lettre.
II y a, à la suite, deux autres minutes de lettres de Gaignières à l'abbesse de Fontevrault. Elles roulent dans le même cercle d'idées. Ce sont des rcrnercîments au sujet de miniatures qu'on lui a adressées en considération de l'abbesse, des protestations d'amitié pour M. de Larroque, etc. Il nous paraît inutile de les reproduire; il suffisait de donner le ton.
AHBESSE DE FOME\nAlLT, ET DE SES AMIS. 259
d'èlre persuadée que je suis très-sensiblement touché de tout ce qui me vient de votre part.
Vous avez encore au«5quenté mon cabinet par deux bvres que M. de Larroque m'a apportés. En vérité, Madame, cette attention pour tout ce qui me regarde me met hors d'état de vous en pouvoir assez témoigner ma reconnoissance par mes services. Ils vous sont si véritablement acquis, que je n'ajouterai rien aux protestations que j'ai l'honneur de vous en faire que les assurances que je vous prie de recevoir de la continuation de mon respect et de mon attachement tréssincére, et que je suis, Madame, etc.
En post-scriptum. — Je ne puis pas, Madame, m'empécher de vous parler de M. de Larroque. Il est si pénétré de vos bontés, qu'il n'y a personne, à l'entendre, qui ne se trouve engagé dans sa reconnoissance, et qui ne soit t<iuché des manières dont vous savez obliger. En mon particulier, Madame, cela ne m'est pas nouveau. Je ne saurois oublier la générosité avec laquelle vous fûtes touchée de ce qui le regardoit, quand vous avançâtes votre voyage de Versailles à son sujet. Vous connoissez son mérite, son bon cœur et tout ce qu'il vaut. Je suis bien certain que vous n'aurez jamais lieu de vous repentir de tout ce que vous faites pour lui. Il seroit bien digne d'une meilleure fortune. Enfin, Madame, c'est à Fontevrault que je l'ai connu,, et c'est à l'honneur que vous m'y avez fait et à la considération qu'il a pour vous que je dois son amitié dont j'ai beaucoup de sujet de me louer. Il faut toujours remonter à la souice. Ainsi, Madame, ce sont encore des grâces à vous rendre.
FIS DES l.ETTIU-S.
Pièce n* I.