‹ Gabrielle de VergyChapitre 2 sur 33 · PHILIPPE AUGUSTE · texte numérisé non relu

PHILIPPE AUGUSTE

In était en 1180. Louis VII, dit le Jeune^ venait )t de mourir. Son fils aîné, Philippe, à peine âgé de quinze ans, qui tint de l'admiration de ses contemporains le surnom d'Auguste, venait de lui succéder; on l'avait appelé à sa naissance Dieudonné ; le jeune prince, à son avènement, fut placé sous la tutelle du comte de Flandre, et sous la conduite de Clément de Mez, maréchal de France. En dépit d'une résistance armée que soulevèrent contre lui sa mère^ Alix de Champagne, et les princes de cette Maison, il épousa Isabelle de Hainaut, princesse issue du malheureux Charles de Lorraine, compétiteur de Hugues Capet, et cette alliance replaça en quelque sorte la race des Carlovingiens sur le trône (1180). Mais ce qui fut pour la monarchie capétienne un avantage plus considérable, c'est que Isabelle de Hainaut apporta à son époux la ville d'Amiens, pour dot, et des droits qui assurèrent à Philippe la Flandre méridionale (i).

Ces acquisitions successives donnèrent au royaume la

(i) L'Artois.

ligne de la Somme pour barrière, et permirent dès lors à nos rois de prendre la Normandie à revers. Dès ce moment l'influence anglaise pouvait être balancée sur le continent, et Philippe en était devenu le plus puissant prince.

Prudent et avisé, froid, d'un sens rassis, et peu touché de l'esprit d'aventure, Philippe-Auguste était bien le prince qu'il fallait à la France pour augmenter le domaine royal et porter de nouveaux coups à la féodalité. Quoique fort jeune encore, il voulut garder pour lui seul l'autorité souveraine, sans la partager avec ses oncles et sa mère, et il prouva qu'il était capable de suffire aux circonstances. A l'intérieur, il sut se débarrasser des intrigues des comtes de Champagne et de Flandre, à qui il enleva le Vermandois et l'Artois. A l'extérieur, il fit, comme Louis VII, cause commune avec les fils du roi d'Angleterre, révoltés contre leur père, et imposa au vieil Henri II l'humiHant traité d'Azay-sur-Cher. Par son union avec Isabelle de Hainaut, dernier rejeton du sang carlovingien, il affermit encore son pouvoir; ce mariage confondit les droits des deux dynasties, et dès lors les Capétiens s'abstinrent de faire sacrer, de leur vivant, l'héritier présomptif de la couronne, ce qui indique que la puissance des Capétiens avait pris racine dans le sol.

Tel est, d'après l'histoire, le puissant roi de France connu sous le nom de Philippe Auguste ; il fut en son temps le protecteur et plus encore l'ami des seigneurs de Vergy, des preux guerriers de ces titre et nom.

Le grand roi est certainement le personnage le plus important de mon récit ; aussi^ à tout seigneur tout honneur !

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