‹ Gaëtana: drame en cinq actes en proseChapitre 5 sur 112 · D'instruction, » coupé par la commission d'examen · texte numérisé non relu

D'instruction, » coupé par la commission d'examen

3. « Au dix-neuvième siècle, » changement exigé par la commission d'examen.

teur, que le propriétaire de cette villa n'est pas un banquier parvenu, mais un grand seigneur de la renaissance. Voici votre pourpoint, voilà mon feutre à panache, et ceci (montrant sa canne), corpo di Bacco! représente l'épée de mes pères! Heureux les hommes d'imagination ! Ils ont sur le nez des lunettes qui leur teignent le monde en rose.

CAPRICANA.

Parbleu I mon cher magistrat, je serais aveugle et demi si je voyais la nature en noir! Le plus-riche et le plus généreux des Napolitains nous ouvre ses jardins de Castellamare ; tout l'univers y est admis, à l'italienne, sans acception de rang ni de fortune; la maîtresse. de la maison, qui nous honore d'un peu d'amitié, embellit nos plaisirs par le charme de sa présence : je suis content, moi! Voilà un été qui marquera dans ma vie !

MARTINOLI.

Vous aimez bien la tarentelle, n'est-il pas vrai ?

CAPRICANA.

Je l'adore ! surtout quand les paysans et les villageoises sont dans les costumes de leurs montagnes !

MARTINOLI.

Eh bien, courez là-bas rejoindre ces dames et hâtez-vous de vous amuser!

Pourquoi ?

MARTINOLI.

Parce que le baron del Grido revient aujourd'hui et qu'on ne dansera plus demain.

CAPRICANA.

Qu'est-ce à dire ?

.MARTINOLI.

Je dis que dès demain ce beau parc, où la foule s'est promenée comme chez elle pendant trois mois, cessera d'être un lieu public; qu'avant deux jours le maître du logis aura su éloigner non-seulement les indifférents, mais ses amis eux-mêmes; et qu'il s'enfermera hermétiquement avec la belle Gaetana, pour goûter en tête-à-tête les douceurs de la lune de miel.

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