‹ Gaëtana: drame en cinq actes en proseChapitre 71 sur 112 · LE COMTE, LE JUGE, BIRBONE, LE GREFFIER · texte numérisé non relu

LE COMTE, LE JUGE, BIRBONE, LE GREFFIER

Sbires.

BIRBONE, à Cardillo.

Mille grâces! (a Martinoii.) Et maintenant, monsieur, faites-moi l'honneur de m'expliquer les procédés au moins bizarres de « la

« police 1 . » Un honnête homme, qui a satisfait à la loi, vient passer Tété à Castellamare ; il espère échapper au tumulte de Naples, aux criailleries des cochers et des marchandes de poisson, se reposer l'esprit, se rafraîchir le sang et dormir la grasse matinée. Pas du tout I la force armée envahit son domicile , interrompt son sommeil, l'arrache de ses couvertures et le traîne par les rues au beau milieu de la nuit! Je croyais que « la police » était faite pour protéger le repos des citoyens 1

MARTINOLI.

Assez!... Vous vous appelez Birbone? Vous avez vingt-cinq ans? Vous habitez la villa Corinaldi?

BIRBONE.

Où vos agents m'ont trouvé ronflant dans mon lit.

MARTINOLI.

Tout habillé!

Je ne dors jamais autrement.*, de peur des moustiques.

MARTINOLI.

Vous êtes accusé d avoir frappé M. del Grido d'un coup de poignard.

BIRBONE.

C'est une injustice de la justice.

MARTINOLI.

Vous avez été condamné pour meurtre, il y a dix ans.

BIRBONE.

« J'étais mineur 2 . »

MARTINOLI.

Pour vol, il y a dix-huit mois.

BIRBONE.

C'est ce qui vous prouve mon innocence : on n'a rien pris chez M. del Grido.

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