‹ Gaëtana: drame en cinq actes en proseChapitre 91 sur 112 · SCÈNE VIL · texte numérisé non relu

SCÈNE VIL

LE BARON, BIRBONE.

BIRBONE, la regardant sortir.

Brave petit cœur de femme I

LE BARON, courant au timbre.

* Je te préviens que tout le monde est sur pied dans la maison.

BIRBONE.

Tiens ! je ne suis donc plus votre ami ?

LE BARON

N'avance pas, ou je sonne I

BIRBONE.

Sonnez vos gens, si vous voulez qu'on nous entende, et si vous n'avez point de secret à garder.

1. Les hurlements du public ont accompagné cette scène d'un bout à l'autre.'

LE BARON

C'est bien... Assieds-toi... là-bas. (Il prend un revolver dans un tiroir.)

BIRBONE.

Ce n'est pas de jeu ; je suis sans armes !

LE BARON

Par où es- tu entré, coquin?

BIRBONE.

Par la porte, baron. Est-ce que je n'ai pas dans cette poche toutes les clefs du royaume 1

LE BARON

Qu'as-tu à me dire? (n s'assied.)

Une bonne action à vous proposer.

LE BARON

Toi?

BIRBONE.

Nos anciens comptes sont réglés à notre satisfaction réciproque.

LE BARON

Comment?

BIRBONE.

Vous m'avez cassé le bras, il y a dix ans, quand j'étais petit...

LE BARON

Moi, je?...

BIRBONE.

Mais oui! Vous savez bien... le foulard des Indes, le dernier de la douzaine!... Ah! vous n'y allez pas de main morte quand on vous prend vos foulards!

LE BARON

Comment! c'est toi?

BIRBONE.

Sans cela, je ne me pardonnerais pas le coup de stylet dont je vous ai récompensé... Mon bras droit s'est vengé comme il a pu ! Si le résultat n'a pas été aussi satisfaisant qu'on pouvait le dé-

Page 1