O MORTS PARLEZ
O vous, qui n’êtes plus visibles sur la terre, Trépaseés qu’on oublie, ou morts qu’on aime encor. | Quittez-vous quelquefois, l’asile du mystère ?.. | Quittez-vous le tombeau, son funèbre décor, { Pour venir près.de ceux qui peinent dans la vie
Et prendre votre part de leur fardeau pesant ? | Daignez-vous, de la route où marche le génie, | Ecarter l’envieux et le sot malfaisant ?
Quand la nuit, lentement, de sa mantille sombre : Vient draper le sentier, où l’amant va rêver,
O morts, revenez-vous vous promvner dans l'ombre,
Vous souvenir, hélas ! et peut-être pleurer ?
Ceux qui vous ont aimés, celle qui vous fut chère,
Les suiviez-vous de loin, gardiens silencieux ?
Ou votre âme leurs maux, reste-t-elle étrangère, Depuis quelle a franchi Je seuil mytérieux ? #
Î Pouvez-vous regarder de vos yeux sans prunelle-. | Et sans vous émouvoir l’homme erre ici bas? | 0 trépascés, pourquoi ne le dites-vous pas?
Et maintenant, je crois que je vous ai retenus bien longtemps ; cependant, le su jet sur lequel je vous ai entretenus est trop intéressant pour que je puisse
Vous qui savez le mot de l’enigne cruelle, | Î | f |
craindre vous avoir ennuyés. | Je vous ai déjà parlé de Gaëtane de Montreuil
comme femme de lettre et poète ; Gaëtane de Mon- |
treuil comme amie !.... Ah ! je pourrais parler d'elle !
pendant des heures. Elle est spirituelle, (nécessai- d
rement,) distinguée, sans prétention, sans affectation, À toujours prêtre à aider d’un bon conseil. D’une | grande simplicité de manière, signe certain de la
gran le dame, d’une excessive bonté, la connaître c’est l’aimer !
Pour ma part, je considère un grand bonheur et un grand honneur d’avoir Gaëtane de Montreuil 1r la liste, peu longue, de mes amis, croyez-le !