‹ Galanteries XVIIIe siècleChapitre 100 sur 139 · L ARMURE DE VENUS · texte numérisé non relu

L ARMURE DE VENUS

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D'un téton enfantin.

Mon cousin, Quand je vois la figure, Aussitôt le mutin,

Mon cousin.

N'est pas en miniature.

Mon cousin Voilà du mutin l'allure.

{Le Tableau de Paris, 1789.)

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Vénus maniait près de Mars Son casque, son glaive, ses

[dards ; Armes de défense et d'attaque; Mais le Dieu lui cria soudain :

Helle, j'en ai sous ma casaque De plus propres pour votre

[main.

(Épigrammes galantes, 1771).

GALANTERIES XYlll*^ SIECLE

D'un prince couché avec la femme

d'un certain quidam de Paris

L'n certain prince, étant amoureux de la femme d'un certain quidam de Paris, épiait les occasions que le mari était au Palais pour venir voir sa femme. Ktant venu un matin qu'il lavait vu aller au

LA RENCOMI\K... DESAGREABLE (Vignelle pour un roman j;alant de 1788.)

Palais, il vint chez elle ; et la trouvant au lit, il se dépouille et se couche entre deux draps avec elle. Comme ils eurent été quelque temps ensemble à se réjouir, le mari frappe à la porte, un valet lui ouvre sans songer à rien, et comme il montait l'escalier, une servante 1 avise qui court en diligence en avertir sa maîtresse, lui di-

GALANTERIES XYllP SIECLE

sant qu'il était tout prêt d'entrer. Le prince, qui n'eut pas loisir de consulter là-dessus, saute hors du lit en chemise et se lance dans un cabinet prochain, sans avoir eu le temps de prendre son habit, qu'il laissa sur la table. Le mari entre dans la chambre, sa femme lui demande qui lobligeait à revenir si tôt, il dit qu'il avait oublié quelques papiers sur la table, qu'il venait quérir, et mettant la main sur sa table pour les chercher, il fut étonné de voir un habit

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(Estampe faisant partie d'une suite sur les plaisirs champêtres, gravure d'après Boucher.)

d'écarlate chamarré de passement d'or. 11 demandée sa femme que voulait dire cela ? « Mon ami, lui dit-elle, si tôt que vous avez été parti, ce matin, une femme me l'a apporté pour voir si je voulais l'acheter: mais voyant que ce n'était pas un habit à votre usage, je lui avais dit que je n'en voulais point; toutefois, voyant qu'on en aurait fort bon marché, je lui ai dit qu'elle le laisse là, et que je vous le montrerais. On ne l'a fait que cinquante écus, et il y a quasi pour autant d'argent, quand on le voudra brûler ; et pour moi, je crois que vous le pourriez mettre à la campagne. — Vous avez

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raison, dit-il, ma mie, je voudrais bien l'essayer pour voir s'il nie serait propre. » 11 se déshabille et vét cet habillement qui était à peu près propre pour lui ; comme il lavait vêtu, l'horloge vint à sonner, il demanda quelle heure c'était, on lui dit que c'était dix heures. « Comment dix heures, dit il "? 11 faut nécessairement que je sois à l'issue de l'audience, je n'aurais pas loisir de me rhabiller ; qu'on me donne promptement ma soutane, je la mettrai par-dessus cet habit-ci, on ne le verra pas »; sa femn>e le voulait empêcher, mais le mari qui était pressé ne voulait point entendre ses raisons, et elle, de peur de lui donner quelque soupçon, ne voulut pas insister davantage. 11 s'en va donc, emporte les habits du prince, et laisse les siens, que le prince fut contraint de vêtir pour ne pas demeurer tout nu; lui qui avait eu ce qu'il désirait de cette femme, ne s'en souciant pas beaucoup après, va trouver le Roi, en cet équipage, à qui il conta l'histoire, dont il eut bien de quoi rire, et pour en prendre davantage leur plaisir, le roi envoya promptement au Palais, dire à ce conseiller qu'il vint tout à l'heure parler à lui, ce qu'il lit, croyant être mandé pour afTaire très importante. Comme le roi le vit devant lui, il ne se put tenir de rire, et faisant semblant d'avoir vu au travers de sa soutane briller le clinquant d'or, lui dit : « Comment, Monsieur, quel habit portez vous là sous votre soutane ? » 11 demeura tout étonné ; le roi le lit dépouiller, et paraissant avec cet habit, le prince qui était là présent, dit au roi : « Sire, voilà mon habit qui m'a été dérobé. » Le conseiller, plus surpris encore qu'auparavant, reconnut le sien que le prince avait vêtu. Après une assez longue contestation qu'ils eurent entre eux, le roi ordonna que chacun reprendrait son habit, ce qu'ils firent, avec grand honte du conseiller, qui reçut l'alTront et vint à connaître qu'il était de la confrérie des cornards, mais il n'osa dire mot à sa femme, craignant les coups de bâton dont il fut sur lechamp menacé. {youveau.v contes à rire, Amsterdam, i78'2.)

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