‹ Galanteries XVIIIe siècleChapitre 99 sur 139 · EPITRE CONSOLANTE A UN COCU · texte numérisé non relu

EPITRE CONSOLANTE A UN COCU

Consolez-vous, Monsieur Fumet, Gens de robe, gens à plumet Ont un destin pareil au vôtre, C'est le bon Dieu qui le permet Le grand prophète Mahomet N'en fut pas plus exempt qu'un

[autre.

Il prit pour femme Cadigha, Celle-ci, dhumeur un peu chaude.

Dans son cher époux distingua Des façons qui sentaient ie

[Claude, Lors Dieu sait comme elle in-

[trigua.

Un ribaud plut à la ribaude.

Ce ribaud qui la subjugua Était un gros prieur de Carmes :

Mahomet le sut, la nargua.

Et prit un croissant pour ses

[armes.

Bel avis aux gens délicats !

Quand il aurait fait des éclats, Quand il aurait battu sa femme, Au jour marqué pour son trépas En aurait il moins rendu lame?...

Au fait : quand on l'ensevelit, On lui trouva le caïche raide.

(Caïche est s^-nonyme de v...) Soudain le bruit s'en répandit.

Sa veuve accourt, elle s'écrie :

« Ah! certes,j'aurais eu grand tort D'avoir passé plus dune envie Avec un moine, vrai butor.

Si mon époux, qui disait d'or, L'avait porté pendant sa vie Comme il le porte après sa mort! »

{Étrennes gaiUai'des, 1782.)

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