‹ Galanteries XVIIIe siècleChapitre 102 sur 139 · BELLE MARQUISE FAISANT MANDER SON AMANT · texte numérisé non relu

BELLE MARQUISE FAISANT MANDER SON AMANT

« Je ne sçai si je fais bien de vous avertir que je suis seule ; mais je mennuye et je voudrais vous voir ; peut-être ne le devraisje pas, dans létat où les belles descriptions du marquis vous ont mis. Je lui suis obligée du soin qu'il prend de me vanter avec tant de zèle ; s'il en est si content, jugez combien le serait un homme que j'aimerais et qui jouirait de mes transports.

« Un mari ne voit que la statue : l'âme n'est faite que pour l'amour. Je ne doute point du plaisir que vous auriez à vérifier ses discours ; quoi qu'il en soit, mon mari ne dîne pas avec moi, et quand vous viendrez remplir une place qu'il laisse vide, je ne vois pas ce qu'on aura à me reprocher. J'aurais bien envoyé chercher des femmes, mais il me semble que vous m'amusez davantage, et je hais pardessus tout mennuyer. Ayez donc la bonté de me venir tenir compagnie. » Crébillon fils,

{Lettres de la marquise de M... au comte de R..., 1739.)

(1) « La Paris » était une des plus célèbres appareilleaaeii (bordelières) du xviii» siècle.

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