‹ Galanteries XVIIIe siècleChapitre 103 sur 139 · LA MONTRE A RÉPÉTITION · texte numérisé non relu

LA MONTRE A RÉPÉTITION

Vn jour trouvant Isabelle :

Ouellc heure est-il, nie dit-elle?

Je lui répondis: La belle, Voilà ma montre ; vois-y :

Puisque droite en est l'aiguille, C'est signe qu'elle pétille De sonner pour toi, ma fille, Les douze coups de midi.

A l'instant, pour la lutine, ,Ie fais mouvoir la sourdine; Mais à six coups se termine Tout le jeu de mon marteau.

Lors de son compte jalouse, Kn calcul je ne me blouse.

Pour aller, dit-elle, à douze.

C'est encore six qu'il me faut.

Promettre et tenir, lui dis-je.

Sont deux... Ouoi ! cela tafflige?

^)ue ton humeur se mitigé ; i!sl-ce le cas de gronder?

Ma foi ! plus d'une bergère Prendrait comme bonne alïaire Berger qui, sur la fougère.

L'heure ainsi ferait sonner.

(Juand (1 un timbre la fusée Kst au bout de sa tournée, (Ju'elle est toute dévidée, Peut-elle encore travailler?

Domain, mon marteau, sans génc Hemoiit('', |)ourra, ma reine.

Te donner, pour la douzaine, .Six autres coups sans broncher.

GALANTERIES XVlll^ SIECLE 245

En pareille circonstance, Mesdames, comme une offense, Supporteriez-vous la chance D'Isabelle avec regret ?

Qu'un Hercule vous assure.

Montre en main, même aventure.

Vous iriez souvent, j'en jure, Demander quelle heure il est.

(Le Tableau de Paris, 1787).

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