‹ Galanteries XVIIIe siècleChapitre 120 sur 139 · A SES DEUX ÉLÈVES · texte numérisé non relu

A SES DEUX ÉLÈVES

(Estampe de Monnet, gravée par Deny, pour Jeniuj, de Voltaire, ITTs*.) (*i Document pour servir à l'histoire de la llagellalion.

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L'Amour et le Mari

L'amour mêlé de physique et de moral, tel qu'on le ressent dans l'état de civilisation, est noo seulement un plaisir, njais un baume salutaire qui contribue à la santé : combien na-t-on pas vu de ces hommes, tristes, mélancoliques, maigres avant le mariage, devenir, après leur union avec une épouse aimée, gais, bien portants ? C'est que l'amour de tendresse, si délicieux par lui-même, épanouit le cœur, atténue le sang et les humeurs, les fait circuler aisément dans les plus petits vaisseaux capillaires, et, par là, produit, dans l'économie animale, un bon ordre qui contribue à la santé, qui prévient l'obstruction et même la phtisie. 11 euit de ce dernier point, que faire l'amou" tendrement, mais vertueusement, serait très favorable aux personnes disposées à devenir poitrinaires.

Ine femme qui ne nourrit pas peut recevoir son mari lorsqu'elle est pleinement rétablie; c'est-à-dire lorsque le désordre occasionné par 1 accouchement est pleinement réparé : car il n'en est pas des femmes honnêtes, tendres, aimantes, comme des filles et des libertines : celles-ci n'ont que les ressources physiques ; au lieu que les épouses désirables ont leur amour, qui tient lieu de toutes les autres, puisqu'il rend les embrassements délicieux.

(Combien de femmes alTecteiit de chaui^er rapidement, de s'abandonner elles-mêmes, quand il ne s'agit que de leur mari, sous prétexte, disent-elles, qu'elles n'ont i)lus personne à qui plaire ! Infortunée, tu as ton mari : tu as à i)laire à l'honnne qu'il t'importe le plus de charmer I

L'homme (jui a des mœurs, qui est uniquement attaché à sa femme, après des absenc/^s de nécessité, revient plein d'une ardeur

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qui ressemble bien plus à la passion des anciens héros d'Homère qu'à la tendresse d'Amadis et des chevaliers romanesques. Que doit faire la femme pratique? Refuser? Ce serait la plus grande des imprudences. Elle doit céder avec toute la complaisance d'une femme qui n'existe que pour son mari : ce n'est plus la réserve de la nouvelle mariée.

RÉTIF DE LA Bretonne.

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