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A UNE DAME QUI MONTRAIT SON SEIN

Madame, cachez votre sein.

Avec ce beau têt in de rose ; Car si quelqu'un y met la main, Il y voudra mettre autre chose.

{Le Joujou des Demoiselles, 1753.)

GALANTERIES XVlIl'' SIECLE

(Gravure de Moreau, pour Ce qui plail aux Dames, conte <Je Voltaire, 1778.)

Ce qui plaît aux Dames

Comme il était assez près de Lutèce,

Au coin d'un bois qui bordait (^harcnton,

11 aperçut la fringante Marton,

Dont un ruban nouait la blonde tresse ;

La taille est leste, et son petit jupon

Laisse entrevoir sa jambe blanche et fine.

Robert avance, il lui trouve une mine

Qui tenterait les saints du Paradis.

Un beau bouquet de roses et de lys

Est au milieu de deux pommes d'albâtre.

Qu'on ne voit point sans être idolâtre :

Et de son teint la Heur et l'incarnat

De son bouquet auraient terni Téclat.

Pour dire tout, cette jeune merveille

A son giron portait une corbeille.

Et s'en allait, avec tous ses attraits.

Vendre au marché du beurre et des œufs frais.

Sire Robert, ému de convoitise.

Descend d'un saut, l'accole avec franchise :

« J'ai vingt écus, dit-il, dans ma valise ;

C'est tout mon bien, prenez encore mon cœur.

— Tout est à vous, (''est pour moi trop d honneur,

Eui dit Marton. » liobert presse la belle,

La fait tomber, et tombe aussitôt qu'elle.

Et la renverse, et casse tous ses (cufs.

Comme il cassait, son cheval ombrageux.

Épouvanté de la fière bataille.

Au loin s'écarte et fuit dans la broussaille.

De Saint-Denys, un moine survenant

Monte dessus et trotte à son couvent.

Voltairk.

Le Financier

CHK/ m"'" DKS faveurs OU Sl'ZKTTE LA TROTTEUSE

Air : (hii noir n'est pas si itiable.

I/autre soir, dans la rue Marchant à petits pas, Suzette, gorge nue.

Disait : .l'ai des appas; .le suis seuh^ chez moi.

Monte, mon petit roi.

GALANTERIES XYIII® SIECLE 279

Mon petit chou, mon ange, Nous ferons un échange Par un certain mélange Qui saura te ravir.

Zéphir ! Zéphir !

Viens goûter, viens goûter Le plaisir.

Avant la douce ivresse, Mon petit cher ami, Fais-moi ta politesse.

Car c'est l'usage ici.

D'argent n'aurais-tu pas ?

Je vois ton embarras :

Sans ce métal qui brille, Ne crois pas qu'une fille Enfile son aiguille Pour reprendre ton bas.

Colas ! Colas !

Laisse donc, laisse donc Mon compas.

Ce discours effarouche Le jeune Parisien ; Suzette, fine mouche, Le voit et n'en dit rien : Il présente un écu, Puis, d'un ton absolu.

Veut le faire à la belle.

Oui, loin d'être rebelle.

Lui donne une nouvelle Dont il tient le secret.

C'est fait ! C'est fait.

Vous avez, vous avez Le paquet.

[Le Tableau de Paris y Étrennes aux Beautés parisiennes^ 1781.;

l.A l)i;«:i.Al\ATI(»\ D'AMOUR

En vo^.'iiil Cf luiiidis (-|i;ii'in:inl.

Ce (loiililr nionl, ers deux luinlons de roses. Ce ^alnnl jardinier pntniel ;iveo serinent De rliérir ;i jjun.iis t;«iit de si belles choses.

AjanKiis! il se trompe, lu'las î Lison. drtl-il faimer tant «jne lu seras helle, An moment «piil verra s'«'elipser les appas,

Tu l'éprouveras inlidèle.

(Sujet galant composé et gravé par Martinet.)

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