LE CADENAS
De \'oltairo, qui ne connait le joli conte le Cadenas, écrit en 1716 — l'auteur avait alors vini^t ans — et par lui adressé à une dame pour laquelle son mari avait pris Vinutile précaution, le « triste don » que, si l'on en croit la légende, Proserpiiie autrefois reçut des mains de Pluton.
On m'a conté qu'essayant son ouvrage.
Le cruel Dieu fut cmii de pitié,
(j)u'avec tendresse il dit ji sa moitié :
« Que je vous plains î vous allez être saire. »
Ainsi s'exprime Voltaire en ce conte, où le jeune et vigoureux amant de la dame cadenassée nous fait envers émus ses condoléances :
.le triomphais ; l'amour était le maître. Et je touchais à ces moments trop courts De mon bonheur, et du vôtre peut-être : Mais un tyran vint troubler nos beaux jours. C'est votre époux, {geôlier sexaj^énaire, Il a fermé le libre sanctuaire De vos appas , et trompant nos désirs, Il tient la clef du séjour des plaisirs.