‹ Galanteries XVIIIe siècleChapitre 130 sur 139 · DE QUELQUES BONS MOTS · texte numérisé non relu

DE QUELQUES BONS MOTS

Une duchesse, daus un procès, alla solliciter un conseiller, qu'on lui dit être son rapporteur. Tout en parlant, elle caressait le chat du conseiller. Celui-ci lui ayant fait connaître qu'il n'était pas rapporteur dans la cause : « Comment, s'écria -t elle, vous n'êtes pas rapporteur, et j'ai caressé votre chat! »

« Que n'imitiez-vous ma discrétion ? » lui répondit l'homme de loi.

M. D..., connu par son usage du mande, disait que ce qui l'avait le plus formé, c'était d'avoir su coucher, dans l'occasion, avec des femmes de quarante ans.

Un mari suipronant sa femme avec le prince de se retira dis

crètemenl, disant : « Au moins, elle ne s'encanaille pas. »

Le duc de..., trompé, alla s en plaindre à sa belle mère, qui lui

répondit avec le plus grand sang froid : « Eh 1 Monsieur, vous

faites bien du bruit pour peu de chose ; votre père était de bien

meilleure compagnie. »

(Baronne d'Oberkirch.)

M... disait à un jeune homme qui ne s'apercevait pas qu'il était aimé d'une femme : « Vous êtes encore bien jeune, vous ne savez lire que les gros caractères. »

Depuis longtemps des comédiens promettaient une pièce nouvelle où la vertu était personnifiée. Le public, impatient de la voir, la demandait tous les jours. « Pourquoi donc ne la représentezvous pas ? dit une dame de qualité à la femme du directeur. — Nous ne pouvons la donner avant quinze jours, lui répondit celleci, parce que la fille qui doit jouer le rôle de la \'ertu vient d'accoucher. »

Une femme étant à confesse se lève et s'en va lire sa pénitence ordinaire. Son mari la remplace et entend le confesseur qui ronflait : « Mon père, vous dormez? lui dit-il. — Non madame, répond le religieux se réveillant en sursaut, je ne dors pas : le dernier péché dont vous vous êtes accusée, c'est d'avoir couché trois fois avec le premier clerc de votre mari. »

La marquise de..., (jui avait un mari disgracié de la nature et un fils beau comme un anj^e, disait : « In vérité, plus je regarde mon fils, plus je me persuade (|u il me sera arrivé de mendormir dans mon aniichambie. »

Plusieurs dames se promenaient dans un joli jardin : elles aperçurent la statue d'un homme nu ; elle était parfaitement bien faite, et le sculpteur lui a\ait couvert, avec quelques feuilles de vigne, ce

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que la pudeur doit cacher. Ces dames, comme on le pense bien, furent longtemps à admirer ce clief-d'œuvre ; et observant que !a plus jeune d'entre elles ne disait rien, elles lui demandèrent ce qu'elle en pensait : « Cet homme est 1res bien, dit-elle ; mais il sera encore plus beau à la chute des feuilles. »

Un mari qui ne s'acquittait pas souvent de son devoir, essuya des reproches de la part de sa moitié; il lui répondit qu'il ne voulait pas la mettre à tous les jours. — « Cela m'est égal, répliquat-elle, mettez- moi à toutes les nuits. »

Un bon mari disait à sa femme : « Je crois qu'il n'y a quun homme dans toute la ville qui ne soit pas cocu. — Qui donc? demanda sa femme. — Mais, tu le connais.— J'ai beau chercher, répondit elle, je ne le connais pas. »

Deux dames jouaient au piquet. Un Gascon vint chez elles et leur demanda combien elles jouaient : « Nous ne jouons pas pour l'intérêt, mais pour l'honneur », lui dirent-elles. — Si cela est, il n'y aura donc rien pour les cartes ? »

Un menuisier qui se mourait, disait à sa femme en pleurs : « Vois-tu, Françoise, si je meurs, épouse notre garçon Jacques; cest un bon enfant, et dans notre métier il faut un homn.e. — Hélas ! dit elle, j'y pensais.»

Une femme, de celles qui passent leur temps aux dépens de leur honneur, désirant aller à la mascarade et se voulant déguiser on sorte qu'elle ne fût connue de personne: « Madame, » lui dit celui qui la devait emmener au bal et qui savait bien ce qu'elle était, « déguisez-vous en femme de bien ; que je meure si jamais personne vous reconnaissait ainsi! »

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Une demoiselle, âgée de quatorze ans, et qui était au couvent, eu sortit pour être mariée à un jeune homme distingué, plus âgé qu'elle de deux ans (ces mariages avaient lieu autrefois). • Ouand on eut fait part à la jeune personne de la décision de ses parents, elle alla bien vite raconter cette nouvelle à ses petites coinpai!:nes. linmédialement après la cérémonie, elle ne trouva pas étonnant qu'on la fit rentrer au couvent, ainsi que ses parents en étaient convenus, jusquà ce quelle fût nubile; mais en faisant ses adieux à son mari, qui lavait accompagnée : « Monsieur, lui ditelle, vous noublierez pas de me faire sortir pour mes couches ! »

Le boiihomine Cassandre avait épousé une jeune fille qu'il croyait une Agnès.

La première nuit de ses noces, il lui dit : « Ma mie, las-tu bien conservé?...

— Oli ! mon Dieu, oui, répondit lépjuse : car, pour ne pas le perdre, je l'ai donné à gardera Paul, à Jacques, à Nicolas...

— Assez, assez, reprit Cassandre, ces trois-là me suf lisent... La picore nommerait tous les garçons du village.

Un gentilhominj! ayant été amoureux d um» dame plusieurs années, sans avoir la hardiesse de lui découvrir son amour, se hasarda enliii à lui parler, à lui dire comment il était éperdument amoureux délie, et que de honte et de respect il ne lui avait osé parler.

— lié ! mon pauvre homme, répondit la dame, si vous m'en eussiez parlé plus tôt, (pieussiez-vous hasardé? Ou'à perdre le temps que vous avez perdu.

Pauvre consolation pjur l'auioureux.

lu lu);iiiu> mirié avecune femme boiteuse s'en consolait en disant (piil ne s'en faisait p)inl de peine, parce (ju il ne l'avait pas prise pour aller à la chasse.

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