‹ Galanteries XVIIIe siècleChapitre 132 sur 139 · HISTORIQUES · texte numérisé non relu

HISTORIQUES

Feu M™^ la duchesse dOrléans était fort éprise de son mari dans les commencements de son mariage, et il y avait peu de réduits, dans le Palais-Royal, qui n'en eussent été témoins. L'n jour, les deux époux allèrent faire visite à la duchesse douairière qui était malade. Pendant la conversation celle-ci s'endormit ; et le duc et la duchesse trouvèrent plaisant de se divertir sur le pied du lit de la malade. Elle s'en aperçut, et dit à sa belle-fille : « 11 vous était réservé, Madame, de faire rougir du mariage. »

M. de Barbançon, qui avait été très beau, possédait un joli jardin, que M'"^ de la Vallière alla voir. Le propriétaire, vieux et goutteux, lui conha qu'il avait été amoureux délie à la folie. « Hélas! mon Dieu! que ne parliez-vous? N^ous m'auriez eue comme les autres. »

Richelieu se remaria octogénaire. Une |)rincesse lui demandait en riant, le lendemain, comment il avait pu so tirer d'un pas si difficile. Il répondit : « Le plus diflicile n'est pas d'en sortir. »

Tronchin, le célèbre médecin, trouvant sa fenune — et elle était fort laide — avec son secrétaire, se contenta de dire à ce dernier : « Comment ! au lit. Monsieur, vous qui n'y étiez pas obligé ! »

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Le sieur Poisson, père de M°'« de Pompadour, s'ctant vu, un jour, refuser par un valet, qui ne le connaissait pas, lentrée des appartements de sa tille, il lui cria :

<.< Maraud, apprends que je suis le père de la putain du Roi ! »

Quand on prit la Lorraine, les Croates brûlèrent Saint-Nicolas. Plusieurs des tilles dudit couvent se retirèrent, d'abord, à (hâlons ; la plupart avaient été violées par ces brûleurs de maisons, et comme il n'y avait pas moyen de nier, elles appelaient cela souffrir le martyre. Faisant le récit de leur infortune à l'évèque, il y en avait telle qui disait l'avoir souffert deux fois, qui trois, qui quatre. « Ah ! ce n'est rien auprès de moi, dit une autre, je l'ai souffert jusqu'à huit fois. — Huit fois le martyre ! s'écria l'évèque. Ah ! ma sœur, que vous avez du mérite ! »

L'abbé Terray, lors de son renvoi du ministère, se retira à sa terre de Lamothe ; M™* Lagarde, sa maîtresse, vint l'y joindre, pour le consoler de ses disgrâces ; un plaisant dit à ce sujet : « L'abbé Terray est descendu de Icmploi de ministre à l'état de soldat ; désormais, il n'aura plus d'autre occupation que celle de

monter « la gcrde. »

Le duc d'Ossonne avait une femme très belle et fort vive; elle ^tait jalouse d'une comédienne, à laquelle le duc venait dacheter une superbe étoffe pour une robe. Ayant su chez quel marchand le duc lavait choisie, et (|uil n avait pas dit pour qui, elle alla <5hez ce marchand, prit létoHe et s'en lit faire une robe. Dès qu'elle l'eut, elle passa chez son mari et lui dit : « Ne trouvez vous pas celte étoile admirable? — Oui, dit le mari très piqué, letolTe est belle mais mal employée. » La duchesse répondit : « Tout le monde €n dit autant de moi. »

Un matin, le prince de Ligne rencontre l'amant de sa femme et

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court à lui, riant comme un fou : « Mon cher, lui dit-il, cette nuit je t'ai fait cocu. »

Le duc de Gèvres, très petit et très laid, se promenant dans le parc de Versailles, aperçut des valets de riche taille et dit à ses amis : « Regardez comme nous faisons ces drôles-là et comme ils

nous font. »

Étant lamant de M^^^ de la Force, Baron entra, un jour, chez elle, sans se faire annoncer. La dame était en compagnie, et lui demande ce qu'il vient chercher. « Tout simplement mon bonnet de nuit, que j'ai oublié ce matin. »

La Guimard on vient d'élire Trésorière à TOpéra, C'est fort bien fait, car elle a La plus grande tirelire.

En 1764, lamant de M^^« Miré, de l'Opéra, mourut de maladie, grâce à elle, dit-on, et on grava sur sa tombe, en notes de musique :

Ml-RÉ-LA-MI-LA

yime (Jq Brossay, soupant avec le régent et étant en joie, tint, dit-on, le propos suivant :

« M. le duc a donné la v... à M"^® de Prie, et M"''^ de Prie la donnée à M. de Livry ; M. de Llvry l'a dopuée à sa femme; sa femme la donnée à la Peyronie, et la Peyronie les guérira tous. »

M. de Fargis, qui était du souper et qui naime point M'"^ du Brossay, a publié ce discours, en donnant la liste des cinquantedeux personnes qui eurent M'"^ du Brossay. Le régent, l'ayanl lue, n'en lit que rire, mais voyant venir Xocé, il lui dit :

« Voilà notre philosophe (jui va faire quelque critique.

— Cela peut être ; voyons.

Et il dit :

— 11 en faut mettre un cinquante troisième, qui est moi. »

Le maréchal de Luxembourg disait au prince de Ligne : « Je ne connais en France que trois vertus : elles s'appellent Vertubleu, Vertuchou et \'ertugadin. »

Dans son voyage à Londres, en 1790, 'M'"^ du Barry rendit visite au célèbre Burke. — « Si j'étais Français, disait celui-ci, je voudrais être encore sous l'ancien régime... — Et moi sous l'ancien roi », lui répondit M"'<^ du Barry.

Un savetier persécutait M. de Brancas, évêque de Lisieux, pour être démarié, parce qu'il avait été trempé, et que sa femme était accouchée dans le premier mois de leur mariajie. L'évèque. pour se débarrasser, lui dit : « Mon ami, par les constitutions de votre profession, ne vous est-il pas défendu de travailler en neuf ? — Oui, monseigneur, répondit le bonhomme. — Kh bien ! reprit l'évèque, qu'avez-vous à vous plaindre? », Le savetier, convaincu,

s'en alla content.

M"*^ d Tzec, jolie actrice de l'Opéra qui fut une des habituées des orgies du duc d'Orléans, était d'une complaisance extrême.

Le duc l'ayant fait déshabiller, pour voir si le reste répondait à la ligure de son nouveau caprice, ne trouva rien à en rabattre et fut transporté de plaisir.

Alors la belle dTzçc, lui présentant le plus joli temple de N'énus grecque, gracieusement lui proposa de venir y faire un sacrifice, en lui disant :

« A vous, mon prince, les honneurs de la serrure et faites une royale entrée. »

En 1770. on voyait fréquemment à l'Opéra un duc de Choiseul-

Prasiin, célèbre par l'invention des dragées nommées pralines. Ce duc a longtemps vécu avec M"« d'Angeville, pour laquelle il était d'une avarice presque sordide. Un jour, demandant à Sophie Arnould des nouvelles d'une vierge de l'Opéra dont il ne pouvait se

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