DU DANGER DES REMÈDES CONTRE LA FRIGIDITÉ
Paris, *2." mars 1768.
M. Hoyer. chevalier de l'ordre du lîoi et m«''decin ordinaire de la I*arulté de Paris, se meurt pour avoir voulu faire le jeune homme.
A soixante-huit ans, il est devenu éperdument amoureux de M'"' la comtesse d'i-^st... I. es affaires de celle dame étant fort délabrées et le sieur Boyer lui paraissant dans l'opulence, elle n'a pas cru devoir le rebuter; elle s'est m^me portée à des ajsraceries qui lui ont fait soutirer en difféTents temps cinquante mille écus de ce vieillard.
(!elui-ci. dt' son côté, n'a pas voulu être (lu|)e et a prétendu avt)ir du plaisir au moins pour son argent ; mais la nature ne secondant pas srs inli'ulions, il a bu du sans? de bouquetin et mangé des cantharides. Os affaires extraordinaires, soutenues de la force de s«m tempérament et dune nourriture succulente, ont duré (juelques années, mais il succombe enfin ; il est dans le plus grand ('iiniseuient et toutes les parties pécheresses sont <lans un étal dcplurablf^ : il a, d'ailleurs, soixante-quator/.e ans.
(Mémoires serretx de Bachaumont.\ LE COCUFIÉ PROFESSIONNEL
<^ronle avait une femme agréable.
I n tendre ami : (pi > de biens à la fois !
II fut cocu : |)ar cpii clmse incroyable ! Par C(M ami «Innt il av t fait choix. Devenu veuf, il prend f • m}o bien laide : Même acrideiil ; sou ;iuii I succède.
11 les surprend tou< les deux aecollés : Parbleu, mmi cher, dil-il, vous m'vw voulez.
[Varapilh. de Uordes, 1784.
GALANTERIES XYIIF SIECLE 101
Le Médecin aux urines
Un écolier, d'assez joli minois,
Était au lit pour maladie.
Pour sa garde on avait fait choix
De dame Alix, franche étourdie, Veuve depuis deux ans, grosse depuis six mois.
Chaque matin, au jeune prosélite
Son professeur allait rendre visite.
Le médecin auquel on eut recours Fut ce docteur fameux dans l'art où l'on devine.
Sans s'amuser en vains discours, Du malade, dit-il, que l'on garde l'urine, Et demain nous verrons. Ainsi dit, ainsi fait. Le lendemain, Alix, d'un naturel distrait.
Met en oubli les ordres de la veille,
Et par lesprit de propreté,
Son premier soin, sitôt qu'elle s'éveille. Fut de jeter cette eau, de rincer la bouteille : Enchaînant sur ses pas la vie et la santé, Arrive le docteur ; d'un air de gravité. Il demande l'urine. Alix est bien surprise Et reconnaît, mais trop tard, sa sottise.
Que faire hélas ! pour la cacher !
— Voyons l'urine, Alix, allez donc la chercher. Elle y court en tremblent. Enfin, payant d'audace,
Elle apporta de la sienne à la place.
Le docteur l'examine, y regarde à deux fois, Et d'un ton d'assurance, il prononce et s'étonne :
Mon art, dit-il, m'apprend que la personne
Doit accoucher dans quelques mois.
A ces mots, l'écolier, pour qui tout est mystère.
Tourne les yeux vers son régent :
Je vous le disais bien, mon père.
Que vous me feriez un enfant.
Dans tous les points, cette histoire est étrange. Je plains fort l'écolier, je hais le professeur ; Mais c'est en vain qu'on cherche à tromper un docteur. Ces messieurs, comme on voit, ne prennent pas le change.
Abbé Bretin. (Le Vond du Sac, 4780.)
102 GALANTERIES XVIIl® SIECLE
Un cheval trop poli
Vn genlilhoiiime à clieval venait de la campag-ne : étant aux faubourgs de Paris, son cheval le jeta par terre. Ce que voyant, une jeune demoiselle qui était près de \<\ se prit à rire, ce qui fâcha
MISS i;i;\ i;\ \\T ni: visite snt i.i;s ÉpAiiKs m; son iukn-aimé
(^Ksl.inipr jiiii.'l.ii-'*' «le .] . Savrr. 1774.)
tellement le cavalier (|u'il lui dit en colère: « Ne vous étonnez pas de cela, mademoiselle, mon cheval en fait autant toutes les fois
qu'il voit une p » A (jiioi la demoiselle, en riant, répondit :
« Monsieur, je ne vous conseille pas d'entrer dans la ville, car, assurément, il vous romprait le col. »
LES AiMOLRS DE JEAN TIRE FORT Composition de Desrais, gravée par Tassaërt pour la Chandelle d'Arran.
Pour égayer les soucis du ménage, Mons Tire-Fort avait à son usage Fille à croquer et faite pour lamour : Si la bergère était sans pucelage, Ce n'était rien : elle avait en retour Deux yeux fripons, un séduisant corsage, Un jupon court, qui n'était point pesant : Fort se vêtir quand on a fait son ouvrage, On le sent bien, c'est trop embarrassant.
... Dans ses amours, le sire eut du malheur ; Car sa moitié, vicieuse ménai?ère.
Sur certain point était un peu sévère,
mon ami, disait-elle.
Vous me luyez quand mon cœur vous appelle, Pourquoi porter le pain du Sacrement
Hors de chez nous
Un cordonnier vit-il à la française?
Ktes-vous fait pour être un greluchon ? Ne souillez plus la candeur de ma couche. Vous connaissez la lé^^ende et la loi : Pas ne devez chômer dautre que moi.
Jean Tire-Fort n'écoutant point sa femme. Près de l'objet qui ca|>livait son Ame, Soudain allait oublier sa chanson ; Hélas ! comment aux pieds d'une maîtresse Se souvenir truii ennuyeux sermon !
;l)r Lairens, La Chandelle d'Arr.is.)
LE DAISER VOLE D'après la gravure en couleurs de lUmneL
D'un jeune homme qui se laissa faire