LA JEUNE MARIÉE
Sur ma parole do gendarme, .Madame, je connais un carme. Oui, dans sa carrière d'amour.
.\ poussé jus(ju'au luit liiiit fois sa hacpienée, Disait d'un ton badin, un jour.
I.c chevalier Lorgnette î\ jruiH' mariée. lU^nt le mari Hobin la traitait sobrement. I n ('iioux. avrc ce talent, 1 crail le bonheur d«' sa feujme : \ ous même ; eh bien ! qu'en pensez vous ?
— .\h ! dit en soupirant la dame, One n*ai-je un carrni» pour «'poux !
{Le l*asse-Tem/ s des .Votistjuelnires ou le Temps perdu
|.ar n. n..., 1755.)
GALANTERIES XVIIl® SIECLE 107
LA PLUME DE l'aMOUR
Une femme avec son amant Se donnait licence parfaite, Elle tenait d'une main satisfaite Ce sceptre, le premier vraiment; Beau sceptre qu'à prix d'or, ni de sang, on n'achète
Certain Damon survenu là, Par le trou peu discret d'une large serrure. Tranquille spectateur, regardait tout cela.
Le sceptre bas, notre amant se retire ;
^'erroux d'être ôtés doucement ;
Damon d'entrer, la dame de lui dire :
Pardon, si vous avez attendu quelqu'instant, J'écrivais. Oh ! repart avec un prompt sourire Damon, que vous devez bénir votre destin !
C'est l'Amour qui vous fait écrire,
Vous aviez sa plume à la main.
Baculard d'Arnauld. [Œuvres diverses, 1751.)