‹ Galanteries XVIIIe siècleChapitre 56 sur 139 · L'ARRIVEE INATTENDUE · texte numérisé non relu

L'ARRIVEE INATTENDUE

(Gravure de Binet, gravée par .1. Leroy, pour les Conlemporaines, de Rétif de la Bretonne.)

je m'enhardis, itf'"^ Favart fut à côté de moi à table : je ne sais ce que lui dit x\I'^« Prudhome, mais elie rit beaucoup, et alla conter la chose à M''" Arnould, Halard et IIus. On se regarda, l'on s-

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fit des signes, que les hommes remarquèrent. Ils demandèrent ce que c'était ? « Rien ! répondit la jeune Arnould. » On insista. — < Hô ! nous parlons des Travaux d'Hercule; et. vous autres, vous ne savez ni la fable, ni Ihi.stoire. > Je la compris, et je rougis modestement. Halard, après avoir parlé bas à Junie, dit tout haut : « (^ela vaut fait : je te le mènerai, Guimard. *On se tut ensuite... Le souper fut charmant, avec des fées ! Mais je ne fus pas heureux ! Je ne voyais, je ne désirais (lue (luéant, et elle était loin de moi. Prudhome me devina, et elle le dit assez haut à toutes ses compagnes, (lamargo nie dit, avec quelque àcreté : * \'oilà les hommes !... Hum ! s ils avaient nlT;iirrà moi... je les punirai... » Klle me punira bientôt...

Ce souper délicieux achevé, Rosalie, <]ui. malgré son extrême jeunesse, avait déjà la voix admirable, chanta quelques vaudevilles: .\rn<»uld. Pales FlaniheauA- ; Hus joua la scène où elle poursuit en jupon court M. de l'ourceaugmic ; M^^ <iuéant rendit sa scène de la Lellre, de la Pupille: .M™'" Favart chanta la caricature des rw, de la Serrante-maitresse ; (iuimard, Halard. Prudhome et (^amargo seconde essayèrent le ballet de Medée, depuis joué sur le théâtre de VOpera; un poète, nommé Boh^, récita son poème intitulé \'(}rigé lisme (le prince Conti lui avait compté vingt mille francs pour qu'il ne l'imprimât pas) ; Piron nous lit frémir, en récitant VOdeà Pritipe, etc. Enfin, mon tour vint : on me deinanda ce que je donnerais?... Ce fut I ambassadeur de Venise, Moucenigo, je crois, (pli m'adressa la parole (c'est le même qui fait un riMc si odieux avec Ursule, dans le Paysan- PaysaJiue) . Je ne m'étais pas attendu à cela. I/Italien, me voyant pair et compagnon avec une jeune danseuse, me prit pour un artiste. Prudlionie matraça, en me disant : « Allons? allons? vous avez des faits et gestes, vous pouvez bien |)ayer de votre personne tout comme un autre? » Kn vérité, je crois que la friponne cherchait à me faire raconter mes prouesses avec elle et .M"" lîalistel Klle i;:norait que j avais une aventure bien plus saillante de toutes manières !... .M''* (iuéant me dit alors obligeaiiimenl : « Nous donnenz-vous quelque chose, monsieur? » Ces mots furent pour moi l'ordre le plus impératif. Je dis que je paierais volontiers de ma personne, si je pouvais compter sur l'in-

•ilRence des auditeurs et de mes auditrices? Toutes les femmes

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s'écrièrent : Oui.' Oui!... « Je suis jeune, sans expérience, sans talents, et vous venez d'être amusés par les premiers des acteurs,

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