‹ Galanteries XVIIIe siècleChapitre 60 sur 139 · LA CHEMISE COUSUE · texte numérisé non relu

LA CHEMISE COUSUE

L'n jeune artiste, heureux en tout.

Avait trouvé dans la belle Sophie II) vrai trésor, femme accoiiipiio, l'emmo en tout point selon son i;oùt.

Aussi les premières nuitées Par les phnsirs furent compt<''es ;

Mais plaisirs tels qu'on a su de l'amour

Oue des bî'autés qui composent sa cour

Nulles jamais ne seront mieux fêlées, delà dura ne sais conddcn ;

Mais chose dont ne ferez aucun doute.

<;'('st (ju'aisément on s'accoutume au bien; Plus il est doux, plus il en coûte

De s'en priver, le cas advint pourtant.

Tant de honlicur ne fut pas sans lacune ; .Martin, pour ouvra^re important.

I)u(piel (lép(Midait sa fortune.

Avant le lever du soleil Onitlait la couche nuptiale.

Laissait dans les bras du sommeil lieauté si fraîche au teint vermeil,

Oue Psych(' mèiue aurait craint |)onr rivale.

I oiii de joiier le r»'»le de l'aumur,

Martin s'envole où l'intérêt I ap|>elle. Le soir, les fati.irues du ]o\\i \ enaient lui clore la prunelle :

Lien est vrai qu'avant tout, à sa chère uioitié

.Mai tin donnait le baiser d amitié.

l't rien de plus : c'édait tro|) peu pour elle ;

La pauvre enfant redevenait puceile.

llé'las ! ce n'est pas sans douleur. Ihi sentiment trop légitime, Ou'elle renferme dans son cœur,

Kllc aurait pu faire l'aveu sans crime. Mais, à la source du l»onheur, (ette beauté pusillanime Uu silence était la victime.

GALANTERIES XVIIP SIECLE

A quel saint donc avoir recours ?

Et^ sans parler, comment se faire entendre? Toujours timide et. chaque jour, plus tendre,

La ruse vint à son secours.

Ruse innocente et bien permise ;

Ce fut de coudre sa chemise

Avec celle de son époux.

A son réveil, quelle fut sa surprise ! Et pour tous deux que ce réveil fut doux ! Heureux, content, et prompt à s'y résoudre, Martin vit bien qu'il en fallait découdre.

Abbé Bretin. {Le fond du sac, i'80.)

LE BAISEK D'aprùs une gouache de Baudouin.)

128 (;alanterie.s xviii^' siècle

Comment un clerc transporta une fille, la nuit

Le clerc d'une paroisse de la ville de Houen. qui aimait une jeune nile de ses voisins, étant la nuit avec elle, fut surpris par la mère qui appela les voisins, sachant qu'il y avait un lioinine

LA ri RIEUSK (D'apns iiiir gravure à la manière noire de Le Boy.)

avec sa fille. Lui, qui. h cause de sa profession, ne voulait point <^tre trouve avec elle, se veut sauver ; la fille lui dit que pour rien, après cela, elle ne demeurerait seule avec sa mère, et elle le pria de souffrir qu'elle l'accompapuàt, ce qu'elle fit, se résolvant de le mener dans la maison où il était seul. La menant donc à minuit.

GALANTERIES XVIIl^ SIECLE

de par les rues, ils rencontrent la patrouille : lui, bien empêché, ne sait ce qu'il doit faire. De fuir... il était si près d'eux qu'il se douta bien qu'on les poursuivrait ; de demeurer, on voudrait savoir

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