‹ Galanteries XVIIIe siècleChapitre 7 sur 139 · LA VISITE A LAMAXTE ENDORMIE · texte numérisé non relu

LA VISITE A LAMAXTE ENDORMIE

(Gravure d'Eisen pour un roman galant. 'i

GALANTERIES XYlIl"^ SIECLE

Un exploit de Houdart de La Mothe

.Mal,:;ré son i^rniid î\i;c cl les fruits ruisanls dos plaisirs doiil il avait su parfaiteniont faire usaj^^e, Houdart de la Mothe aimait encore à rire; il moulait volontiers aux lr«»isièmes loyes à la Comédie, théâtre i>:alaul .lù ces beautés, (lue le son d un écu rend Irai tables, vont ordinairement jouer leur rôle. (Juoi(|ue le vieux paillard fût aveugle, il nouait facilement conversation et savait birn en tirer i)arti.

In jour, il avait fait marché avec une connnère ipii lui lit voir qu'elle en savait plus loni,' que lui. l/argent d(Uiné. la princesse s'évade. La .Mothe, qui croyait qu'elle s'était seulement un |teu retirée, se glisse sur la bancjuette et s'approche dune femelle (pi il prend pour la sienne : par hasard, c'était une honnête feimne.

La Mothe. qui s'imaginait qu'il n'avait (juà agir en consé(pienc(» du paiement, se met en devoir de gagner son argent.

Déjà sa main trottait par le pays de beauté et il sedc'donnnageait |)ar rindiscrc'lion de s(\s doigts tle l'impuissance des autres parties de son ('oi|»>. L inconnue le repi>us<ait vivement, et lui de serrer. |)arcourir, patiner et tant patiner-. (|iie force fut à la femelle de crier. « Chut, taise/-vous, lui disait La .Motln». taise/-v<»ns. vous êtes payée ! » l'Ile qui prenait ces paroles pour une nmivelle insulte criait encore |>Ius fort.

Le p;irleir(\ juge souverain de ces sortes de matières, li\e ses regards sur les loges et cherche di^s yeux l'audacieux Taripiin (pii ose |»orter ses mains |)rofain's sur ('(Mte m nvelle Lui'rèce. L'exempt monte pour premlre connaissaiwe du délit et se saisir du coupable. On trouve le vitMix pinard blotti dans un coin et lâchant d'échap|ter aux regards des curieux.

— \()us ne voyez ni n'enteinhv., donc ".^ lui crie l'exempl.

— .le vois fort bien «pn* j'ai été refait par une garce, répond Houdart, et j'eiiten.ds «-Ire trait('' pour in«m argent. (Ju'on fouille et (pi'on me raniène celle (jui. pour mou écu, devait me procurer les joies de l'Kcu de France.

(Qniles gaillards, .\mslerdam, 1788.)

GALANTERIES XVIir SIECLE

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