LA RÉPONSE SENSÉE
Ces jours passés, une catin
Dit à Pattu, le médecin :
« Je vous paierai coûte que coûte ;
*< Tirez-moi dun grand embarras ;
« Monsieur, vous avez-vu des ras:
« Les cas sont-ils barbus ? — Sans doute.
« — Pourquoi le mien ne l'est-ilpas?
« — Kn voici la raison, écoute,
Lui répond gravement Pattu :
« Ne sais-tu pas un vieux proverbe,
« Oui dit qu'en un sentier battu
« On ne vit jamais pousser dherbe ! ! î
(Le Petit ^ereit de Grécourl. 178:2.)
LA NOUVELLE MARIEE
Tandis qu'il fut à toi (1) ton gentil pucelage, Tu sçus, malgré l'Amour, Philis, le ménager, Et tu le deffendis avec un grand courage : A présent qu'à Lucas tu viens de l'engager, Dans ce réduit secret, malgré ton mariage, Je crois qu'avec Tirsis il court bien du danger.
Moraine.
A Paris, chez Charpentier, rue Saint-Jacques. (Gravure au burin, d'après une
peinture de Forest.)
(1 Vieille expression française pour u tant qu'il fut à toi ».
GALANTERIES XVIII® RIECÎ E
LE CURE ET S.V GOUVERNANTE (Vignette de Duplessis-Bertaux, Conles el Nouvelles en rers, 1778.)
LE CURÉ ET SA GOUVERNANTE (l)
Un bon curé... avait lu.
Dans je ne sais quel bouquin vermoulu, Que, dans les premiers tems, messieurs les gens d'Église, Pour éteindre ce feu que Lucifer attise, Avaient e^entils tendrons à bouche que veux-tu. Notre homme avait bien moins de gourmandise. Il n'en voulait qu'un seul. Qu'un seul ! Kn vérité. Un saint n'aurait plus loin poussé la chasteté. En conséquence, donc, de cet antique usage.
Notre pasteur, en homme sage.
Qui, toujours, dans le premier rit
D'un culte va saisir l'esprit, En son logis prend une gouvernante.
Son âge? Sa ligure? Était-elle piquante?
De bonne robe, appétissante.
Surtout stérile? ('/est*là le premier point.
Tout cela, je ne le dis point.
Messieurs les curieux : vous savez connue est faite, La ijouvernante d'un curé.
(1) Fragment de la poésie de Hacidard d'Arnaud, placé ici iim<iiienienl pour ^ervirde légende explicative à riinay;e.
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