‹ Galanteries XVIIIe siècleChapitre 75 sur 139 · L'INDISCRET · texte numérisé non relu

L'INDISCRET

(Imaîrerio populaire pour .lossus de boilr.-A Pnris. chezSelis. Inl.rpr.-lMion. au f,M.ùl .lu iynn: de la célèl.re cslampe de Rembrandt.

LIVROGNESSE

ïu descends seide, ici, coquine de servante, Et mes tonneaux vuidez n'ont pas la moindre fente,

Je dois donc bien savoir, sans être un grand devin, Celle par où coule mon vin.

Imagerie populaire : interprétation du Conte de Boccace.)

170 GALANTERIES XYIII^ SIKCI.E

Qu'eussiez pensé que c'étoit hérésie De soupçonner d'un péché véniel

Notre calïard

Que le bigot confessât volontiers Femmes sans bien, laides ou décrépites.

Ne le croyez, mais dans tous les quartiers Il choisissoit de gentes Sunamites; Avoit surtout pour la fleur de quinze ans

Propension vive et libidineuse :

Bref, dans sa cure, il se fit un sérail...

Les rendez-vous sepassoient sans scandale ;

Sûr des parens, des tendrons et du lieu,

Point n'y prêchoit une austère morale ;

Par cy, par là, quelques mots du bon Dieu,

Et puis c'est tout. Mais le point nécessaire,

Pour éviter les griffes du malin,

Étoit d'user d'eau bien fraîche et bien claire ;

Et d'en laver, le soir et le matin,

Certain endroit qu'au doigt faisoit connoltre

A nos tendrons si neuves jusque-là...

En peu de tcms notre jeune troupeau

Non sans plaisir fit un fréquent usage

De la leçon et du petit bateau

(C'est ainsi qu'on appeloit la chose).

Le papelard ensuite à porte close...

Doucettement baisoit la jouvencelle,

Vérifioit... Et sitôt qu'à son gré.

Propre au dehors, il trouvoil la nacelle.

Zèle, ferveur à l'instant l'entraîiioit

A nettoyer le dedans au plus vile.

Pour que Satan n'y vint prendre son gîte.

Or devinez comment il s'y prenoit.

(iHKCOl'KT.

GALANTERIES XVIIl'' SIECLE i71

Singulière vengeance d'une jeune fille abusée

Une jeune fille ayant été abusée par un homme, qui avait joui d'elle sous promesse de mariage et l'avait, après, quittée là, le haïssait si fort quelle cherchait toutes les occasions de se pouvoir venger de lui.

Étant, un jour, en une prédication où l'on prêchait sur cette matière, exagérant la grandeur du péché de l'homme qui avait débauché une fille dans ces conditions : « Prenez-y garde, messieurs, dit le prédicateur. Je parle à vous autres, jeunes gens, qui vous en faites gloire, que vous n'êtes pas seulement responsables du péché commis avec elles, en les débauchant, mais de tous ceux qu'elles commettent par après, qui vous seront tous imputés, comme étant ceux qui les avez mis en mauvaise voie. »

Ce que oyant, cette jeune fille dit, toute réjouie en elle-même : « Je ne voudrais pas pour beaucoup n'être pas venue, aujourd'hui, au sermon, puisque j'ai une si belle occasion de me venger de ce déloyal qui m'a abusée; et puisqu'il sera responsable de tous les péchés que je ferai dorénavant, je m'en vais tant me le faire faire, que le méchant en sera damné. »

(Nouveaux contes à rire, 1782.)

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