‹ Galanteries XVIIIe siècleChapitre 94 sur 139 · C.ouune le mien, Ne se payerait pas de rien · texte numérisé non relu

C.ouune le mien, Ne se payerait pas de rien

En style énergique.

Mon amour jihysique S'expiiijue ;

.le fais grand cas I)e l'amour pur cl platonique ;

Mais je n'en use pas.

Quels yeux, ah ! que d'appas !

N'abrégeons-nous pas ?

Qui cause votre embarras?

— Monsieur, ce sont vos rats.

— L'idée est unique; Allons, vous n'y p(»nsez pas.

— If |U(Miii<'r pas Toujours coûte aux cœurs délicats,

LE PREMIER PRESENT D'UN SEDUCTEUR ^Gravure de Binet pour Le.< Progrès du liberlinage, de Rétif <le la Bretonne.)

Le sentiment, .Moins que l'amant.

Doit tendrement Amener le moment.

— .le suis belle, veuve, Plein de sentiment ; Mais l'amant

Le dément, Ouand au c(i"ur Il ne joint pas la preuve De son ardeur.

Voyez mes feux dans leur splendeur !

H(\i<arde/. ; est-il d'oraleur Plus séducteur, Kt moins complimenteur?

— Que vois-je ? Ah ! cachez-vous ini:ral ! Allez, le tour est scélérat !

Le bel état Pour un s:rand magistrat !

Me croire sensible A l'objet pressent !

("achez... cachc/.-vous, insolent !

— C'est me croire bien susceptible ;

Le trait est calant,

l'.t fort réi^^alant...

Le mépris est visible !

— (Sachez..., cachez vous, insolent !

— ('/est me croire bien susceptible.

— Non, mais en vain l'on se défend De cet ncieur (jui. triomphant

Des sentiments,

i''ais tous les dénouements.

Ah ! traître, (pie je chéris,

.l'ai les bras foui meuitris,

Lt si je fais des cris !...

Comment! comment! s'il faut qu'on viiMine, Laut-il qu'on vous surprenne !...

Ah ! cruel, attends

Lncor quehiue temps :

— Oh ! dans ces instants,

GALANTERIES XYIII^ SIECLE 221

Je meurs, si j'attends !

Mais j'arrive enfin où je tends.

Mon cœur s'est livré.

Il s'est égaré,

Vous m'ensorcelez.

Mais quoi ! vous voulez doubler l'ofïense?

Ah ! vous la comblez !

Il la doubla,

Il la tripla,

La quadrupla.

Après cela,

Le galaqt

Disait en s'en allant :

Le cœur qu'on cite à tous propos, L'amour et ses sentiments faux.

Ce sont des mots

Inventés pour les sots.

M. Collé.

Page 1