C.ouune le mien, Ne se payerait pas de rien
En style énergique.
Mon amour jihysique S'expiiijue ;
.le fais grand cas I)e l'amour pur cl platonique ;
Mais je n'en use pas.
Quels yeux, ah ! que d'appas !
N'abrégeons-nous pas ?
Qui cause votre embarras?
— Monsieur, ce sont vos rats.
— L'idée est unique; Allons, vous n'y p(»nsez pas.
— If |U(Miii<'r pas Toujours coûte aux cœurs délicats,
LE PREMIER PRESENT D'UN SEDUCTEUR ^Gravure de Binet pour Le.< Progrès du liberlinage, de Rétif <le la Bretonne.)
Le sentiment, .Moins que l'amant.
Doit tendrement Amener le moment.
— .le suis belle, veuve, Plein de sentiment ; Mais l'amant
Le dément, Ouand au c(i"ur Il ne joint pas la preuve De son ardeur.
Voyez mes feux dans leur splendeur !
H(\i<arde/. ; est-il d'oraleur Plus séducteur, Kt moins complimenteur?
— Que vois-je ? Ah ! cachez-vous ini:ral ! Allez, le tour est scélérat !
Le bel état Pour un s:rand magistrat !
Me croire sensible A l'objet pressent !
("achez... cachc/.-vous, insolent !
— C'est me croire bien susceptible ;
Le trait est calant,
l'.t fort réi^^alant...
Le mépris est visible !
— (Sachez..., cachez vous, insolent !
— ('/est me croire bien susceptible.
— Non, mais en vain l'on se défend De cet ncieur (jui. triomphant
Des sentiments,
i''ais tous les dénouements.
Ah ! traître, (pie je chéris,
.l'ai les bras foui meuitris,
Lt si je fais des cris !...
Comment! comment! s'il faut qu'on viiMine, Laut-il qu'on vous surprenne !...
Ah ! cruel, attends
Lncor quehiue temps :
— Oh ! dans ces instants,
GALANTERIES XYIII^ SIECLE 221
Je meurs, si j'attends !
Mais j'arrive enfin où je tends.
Mon cœur s'est livré.
Il s'est égaré,
Vous m'ensorcelez.
Mais quoi ! vous voulez doubler l'ofïense?
Ah ! vous la comblez !
Il la doubla,
Il la tripla,
La quadrupla.
Après cela,
Le galaqt
Disait en s'en allant :
Le cœur qu'on cite à tous propos, L'amour et ses sentiments faux.
Ce sont des mots
Inventés pour les sots.
M. Collé.