‹ Galatée; pastorale imitée de CervantesChapitre 29 sur 30 · LIVRE IV · texte numérisé non relu

LIVRE IV

j*ai retrouvé l'objet chrr à mon cœur ; L'amour et l'amitic me fixent au village ; Pour rendre gr;\cc au ciel de nïon bonheur. J'irai souvent à l'hermitage.

ARTIDORE.

J'ai cru ma bergère capable .

De la plus noire trahison.

Et la perte de ma raison Punit un soupçon trop roupable.

Je revois celle que j'adOre, Je sens ma raison revenir :

Ah ! ce n'est pas pour en jouir ; L'amour va me l'ôier encore.

Te souviens-tu de ce beau jour.

Ou, d'un air si doux et si tendre,

Tu vins me supplier d'entendre

L'aveu de ton fidèle amour ?

Je t'ècoutois, toute honteuse; Mais le pLiisir faisoit battre mon cœur;

Tu me demandois ton bonheur.

Et c'étoii moi que tu rcndois heureuse.

EMCIO.

L'amitic suffisoit pour embellir ma vie,

Et l'amour seul aurait fait mon bonheur. J'obtiens tout ; je possède une amante chérie. Et mon ami devient mon bienfaiteur.

Hélas! comment pourrois-je dire Les sentimcns (jue j'éprouve en ce jour? Heureux par l'amitié, couronné par l'amour, Mon pauvre coeur n'y peut suffire.

Il éloit temps de se retirer. Blanche, Kisida et Tcolinde restèrent chez Galatéej Timbrio, Fabian et Elicio allèrent coucher dans la maison de Salvador. I,e lendemain avant Tnarore, les quatre amans frappoient à la porte de Mœris.

Timbrio et Fabian portoient dcjà la panetière et la houlette. Tous les habilans, instruits dès la veille, avoient préparé pendant la nuit des fètcs plus belles que celles de Daranio. On attendit quelque temps, parce que le bon Mœris dormoit encore) mais il parut bientôt, suivi

de

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