LIVRE IV
Mccris voulut que ce soir même tous les contrats fussent rédiges. Il court répandre dans le village la nouvelle de tant d'heureux événemens, et ramène avec lui l'alcade et le vénérable Salvador.
Les contrats furent bientôt fluts. L'on convint que dès le lendemain Timbrio renverroit toute sa suite à Tolède, avec un homme de confiance qui donneroit de ses nouvelles aux parens de Nisida, et rapporteroit en argent comptant la fortune de son maître. Pendant ce voyage, INIœris devoit acheter les troupeaux et les fermes des nouveaux bergers ; et, en attendant que tout fût prêt, Timbrio et Fabian, avec leurs épouses, dévoient demeurer chez ISIœris, et Téolinde et Artidore chez Erastre.
Il ne restoit plus qu'à fixer le jour des quatre mariages. Elicio, malgré sa blessure, décida que ce seroit le lendemain. Le sage Salvador ne put obtenir de lui qu'il difterât ; et les autres époux, sans le dire, étoient de T'avis d'Elicio,
On se mit à table ; cbaque amant fat placé prcs de sa maîtresse. Après le repas, on alla s'asseoir au jardin : là, sous une belle treille, au clair de la lune, et sur des sièges de gazon, l'on voulut linir par des chants cette heureuse journée. L'un prend sa flûte, l'autre sa musette : on fait un cercle, au milieu duquel sont placés Mœris et Salvador 3 et les amaas chantent ces paroles.
TIMBRIO.
Je mcprisois cette foule importune De mortels dignes de pitié, Qui laissent le repos, l'amour et l'amitié. Pour courir après la fortune.
i\uiourd'hui mon cœur Içur pardonne, Et n'a plus de mépris pour eux :
Je sens que l'argent rend heureux.
Mais c'est au moment qu'on le donne.